Mahamat Idriss Deby Itno, président de transition aux obsèques de son père
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Au moment où les rebelles du FACT font feu de tout bois, le général Mahamat Idriss Deby Itno, président du Conseil militaire de transition et président de la République reçoit le soutien plus ou moins sincère des chefs d’Etat et de gouvernements, venus assister aux obsèques de son père tué le 20 avril 2021.

La nouvelle nomenklatura politique semble se dessiner à Ndjamena au moment où Idriss Deby Itno rejoint la terre de ses aïeux ce vendredi 23 avril 2021. Il est trop tôt de dire avec exactitude à quoi elle ressemblera. Les différents belligérants n’accordent pas leur violon. Malgré les soutiens venant de certains Etats et institutions communautaires comme la Commission de la Cemac ou encore la Conférence des Chefs d’Etat de la même communauté, le Conseil militaire de transition (CMT), présidé par le général Mahamat Idriss Deby Itno, fils du Maréchal tué le 20 avril 2021, ne fait pas l’unanimité.

Après sa prise de pouvoir, le CMT a dissout l’Assemblée nationale. Haroun Kabadi, président de la chambre basse du parlement tchadien, a pris acte de cette décision et a donné sa bénédiction au président de transition qui n’a que 18 mois pour réorganiser le pays par voie constitutionnelle.

Le président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de la Cemac semble dérouler le tapis rouge au remplaçant de son homologue tchadien. Paul Biya était le premier Chef d’Etat à adresser des condoléances au gouvernement de transition et à la famille du maréchal du Tchad.

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Le président de la République du Cameroun ne s’arrête pas là. Il a dépêché son ministre délégué en charge de la Défense à Ndjamena pour le représenter aux obsèques d’Idriss Deby. Joseph Béti Assomo s’est entretenu avec le nouvel homme fort du Tchad. « Nous lui avons remis un pli fermé que lui adresse le président Biya. Il traduit certainement l’étroitesse et la qualité des relations qui unissent nos deux pays frères », a déclaré le ministre sur les antennes de la télévision nationale.

Un calme précaire

Une frange de la population tchadienne rejette le Conseil militaire de transition. La France qui se dit chantre du respect de la constitution, semble approuver la junte militaire. L’attitude d’Emmanuel Macron irrite de plus en plus le camp opposé.

Le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad( FACT) appelle l’Elysée et les autres Etats à se mettre en dehors des problèmes tchadiens. Mahamat Mahdi Ali et ses hommes sont déterminés à mettre le pays à feu et à sang si les choses ne se déroulent pas comme ils le souhaitent.

La société civile de son côté, au lendemain du décès du président Deby, via un communiqué, demande à la junte de respecter la constitution tchadienne en remettant le pouvoir à un civil.

Même son de cloche chez les hommes politiques de l’opposition, qui rejettent également le gouvernement de transition. Succès Masra, l’un des plus farouches opposants au président Idriss Deby Itno constate que la France est en train de légitimer ce qu’il qualifie de coup d’Etat contre le maréchal du Tchad. « Ne fermez pas les yeux sur un coup d’Etat. Ne prenez pas acte d’une transmission dynastique du pouvoir au mépris de la volonté du peuple. Ce peuple est en colère », a-t-il déclaré chez nos confrères de TV5.

La succession du maréchal Idriss Deby Itno est donc loin d’être acquise. Les différents protagonistes ne semblent pas prêts à se regarder les yeux dans les yeux autour d’une même table dans le cadre d’un dialogue franc et sincère.

Blaise Ngagning Kiam, stagiaire

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