Depuis l’adoption du bitcoin en République centrafricaine, les gendarmes financiers de la sous-région Afrique centrale redoutent la contagion.
Dieudonné Massi Gams, président de la Conac
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Depuis l’adoption du bitcoin en République centrafricaine, les gendarmes financiers de la sous-région Afrique centrale redoutent la contagion.

Depuis plusieurs semaines, les crypto-actifs sont au rouge dans la zone Cemac. Toutes les banques opérant dans les Etats membres ont reçu l’ordre de fermer tous les comptes des clients qui font dans les transactions en crypto-monnaies.

Les responsables des institutions financières assujetties au franc CFA qui essayeront de ramer contre cette mesure de la banque centrale et des gendarmes financiers se verront infliger de lourdes sanctions. «Ils disent que c’est pour lutter contre le blanchissement d’argent. En réalité, c’est pour que la volonté des autorités centrafricaines d’adopter le bitcoin comme monnaie officielle ne contamine pas les autres pays de la région», explique un haut cadre dans une banque à Yaoundé.

Dans la plupart de banques de la sous-région, on est conscient que les autorités ‘’courent dans le sac’’. «Cette technologie est inévitable. Au Nigéria, au Ghana,… ça fonctionne très bien. En Afrique centrale, on est à la traîne comme d’habitude», regrette notre source.

La Beac et la Conac main dans la main  

Au Cameroun, selon des sources concordantes, la Commission nationale anti-corruption (Conac) est également associée à la lutte contre la présence des crypto-investisseurs dans les banques. «La Conac et la Beac sont très nerveuses ces derniers temps. Des contrôles se multiplient dans les banques du pays pour se rassurer de l’effectivité de cette mesure», apprend le reporter. Jointe par La Plume de l’Aigle, une employée de la Conac explique que sa structure «lutte contre tout ce qui est dans le faux».

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«La crypto-monnaie est une nouvelle donne dans notre espace économique. Des cadres de la Conac ont eu à suivre une formation sur la crypto-monnaie. Cette monnaie est de plus en plus utilisée pour le blanchissement d’argent. La Conac mène des enquêtes dans des banques…», renseigne notre interlocutrice.

Un coup d’épée dans l’eau ?  

Trader, Francis L, détient un compte d’épargne dans une banque au Cameroun. Il nous apprend que des restrictions ont été renforcées par sa banque depuis quelques mois. «On ne peut pas faire des retraits de plus de deux millions de francs CFA par jour. Dans certaines banques, le plafond est fixé à cinq cent mille francs CFA par jour. Il faut des justificatifs solides pour le faire. Les responsables de ma banque ne peuvent vraiment pas savoir que je suis trader», explique le crypto-investisseur.

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Au sommet de l’Etat, Paul Biya a signé le 27 avril 2022, une loi qui fixe les règles régissant le secret bancaire au Cameroun. Dans ce document de 9 pages, le président de la République précise à l’article 15, que «le secret bancaire ne peut être opposé aux institutions en charge de la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, agissant dans le cadre des opérations relevant de leurs compétences

Didier Ndengue

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