Jean-Yves Le Drian, Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères de la France
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Dans cette sortie épistolaire, exclusivement consacrée à la situation sécuritaire dans les deux Régions Anglophones du Cameroun, Monsieur le Ministre Jean-Yves LE DRIAN, tirant prétexte d’une interpellation à lui faite le 12 janvier 2021 par le Député Sébastien NADOT, prend des libertés avec les vertus de pondération, de prudence et de vérité requises en pareille circonstance.

Dès l’entame de sa correspondance, il y transpire un surprenant mélange de manipulation, de mauvaise foi, de contre-vérités mais surtout, chose curieuse, de méconnaissance du Cameroun et de la gestion de ses crises sécuritaires.

Parcourons sa missive : le Ministre LE DRIAN écrit : « par courrier en date du 12 janvier 2021, vous avez bien voulu appeler mon attention sur les évènements tragiques qui ont eu lieu à MAUTU le 10 janvier, et plus généralement sur le conflit armé qui sévit dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun. Comme vous l’avez-vous-même souligné, la France a fermement condamné, dès le 12 janvier, l’attaque de MAUTU et l’usage indiscriminé de la violence contre les civils. Elle a publiquement appelé à faire toute la lumière sur ce crime injustifiable. »

Dans son violent réquisitoire prononcé à 6000 Km du Cameroun, le Ministre LE DRIAN drapé des oripeaux d’un procureur à charge, sans attendre que « toute la lumière soit faite sur ce crime injustifiable » a déjà conclu, sentencieux, qu’il y a eu lors de ces « événements tragiques », « l’usage indiscriminé de la violence contre les civils ». Il s’autorise ainsi des conclusions hâtives voire hasardeuses. Des accusations graves en fait.

Il est pourtant établi que le Chef de l’Etat, Chef Suprême des Forces Armées, Homme épris de Paix et soucieux du respect de la dignité humaine avait prescrit une enquête minutieuse dès la survenue de cet incident et qu’il est à rappeler que les exactions ou bavures militaires constatées lors des opérations militaires ou de police ont toujours retenu l’attention de la hiérarchie militaire et fait l’objet de retentissants procès et condamnations des mis en cause.

L’armée camerounaise, n’en déplaise au Ministre LE DRIAN et à son Député de la Haute-Garonne, a toujours été félicitée pour son professionnalisme avéré et son inclinaison maladive à respecter les droits de l’homme.

Le Ministre Français poursuit son propos en écrivant que « la France suit avec une grande attention l’évolution de la situation au Cameroun, notamment dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et reste très vigilante quant aux violations des droits de l’Homme qui y sont constatées ». Un cocktail de menaces à peine voilées.

Plus loin il écrit : « la France reste convaincue que l’issue de la crise dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ne peut être que politique et qu’elle suppose un dialogue inclusif, y compris avec l’opposition, et la mise en œuvre effective du statut spécial des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et de la Décentralisation, qu’elle s’est engagée à appuyer. » et il conclut en disant : « soyez assuré que la France poursuivra ses efforts pour accompagner une résolution pacifique du conflit, en lien avec les autres partenaires internationaux du Cameroun ». Et c’est ici qu’apparaissent la mauvaise foi criarde et la méconnaissance des dossiers du chef de la diplomatie Française qui a pourtant des collaborateurs en poste au Cameroun. Feint-il d’oublier que nous avons organisé, récemment à Yaoundé, le Grand Dialogue National qui a réuni tous les acteurs de la crise qui secoue les deux Régions Anglophones et que cette heureuse initiative avait été amplement saluée par Paris et les partenaires du Cameroun ?

Avons-nous attendu les directives ou injonctions du Ministre LE DRIAN pour créer tout un Ministère de la Décentralisation et du Développement Local et conférer un statut spécial aux deux Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ? Où était le Ministre Français lorsque le Premier Ministre Camerounais Dr. DION NGUTE recevait à la Primature, sur les hautes instructions du Président Paul BIYA, juste avant l’ouverture du Grand Dialogue National, les propositions et doléances de l’ensemble des acteurs (leaders des partis politiques, parlementaires, chefs traditionnels, syndicats, chefs religieux, société civile) etc… ?

Entendons-nous bien. Le Président Paul BIYA dans le cadre de cette crise, a de tout temps privilégié le dialogue et la paix. Personne n’a été exclue. Mais face à la terreur et à l’horreur qu’imposent des voyous et seigneurs de la guerre, il a l’impérieux devoir historique de prendre ses responsabilités constitutionnelles pour défendre l’intégrité territoriale du Cameroun, protéger ses citoyens et leurs biens. Quant à la décentralisation, elle est effective dans notre pays avec les élections Régionales du 06 Décembre 2020, suivies des élections des exécutifs Régionaux, de la nomination des Secrétaires et Receveurs Régionaux. Il est à noter également le déploiement d’un vaste plan de Reconstruction des Régions sinistrées du fait du conflit armé.

Le Cameroun, pays indépendant et jaloux de sa souveraineté se refuse d’être une succursale d’un pays étranger. Nous souhaitons être respectés par nos amis et partenaires. L’ingérence récurrente du chef de la diplomatie Française à l’égard du Cameroun est inacceptable.

Honorable Peter William MANDIO

Député du Mbam et Inoubou

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