Dans une correspondance adressée aux clients et fournisseurs de l’entreprise le 21 septembre 2020, l’association dénonce les pratiques inhumaines de la filiale de Socfin sur les communautés locales.
Violation des droits des communautés: Socapalm aux bancs des accusés
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Dans une correspondance adressée aux clients et fournisseurs de l’entreprise le 21 septembre 2020, l’association dénonce les pratiques inhumaines de la filiale de Socfin sur les communautés locales.

Emmanuel Elong traîne une pile de documents en charge contre la Société Camerounaise de palmeraies (Socapalm) depuis des années. Le 21 septembre 2020, le coordonnateur national de la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun (Synaparcam) a entamé une nouvelle phase de sa lutte contre les violations des droits des communautés riveraines par la filiale du groupe Socfin (Société financière des Caoutchoucs).

Une tentative de dialogue entre les responsables de l’association et Dominique Cornet, le directeur général de la société agro-industrielle opérant au Cameroun initiée le 8 septembre dernier a accouché d’une souris.  Emmanuel Elong et Marie-Noël Etondé Mbella en charge des droits de la femme au sein de l’association sont montés au créneau à travers plusieurs correspondances adressées aux clients de l’entreprise de production de l’huile de palme dans lesquelles ils listent ses nombreuses violations sur les communautés locales.

L’une des lettres est adressée au directeur général de Tractafric Motors Cameroun, spécialisée dans la vente des véhicules. Elle porte notamment sur la « contribution à la réalisation de la responsabilité sociétale des entreprises ».

Les dirigeants de l’association informent les responsables de Tractafric, que Socapalm ne respecte pas « les standards les plus élevés en termes de protection de l’environnement, de la lutte contre la déforestation et les droits des travailleurs et des communautés locales

20 ans de conflits, et le calvaire continu…

Ces dénonciations sont la résultante de plusieurs années de frustration. En effet, depuis le rachat de la Socapalm par Socfin en 2000, « les conflits avec les communautés locales sont nombreux et n’ont cessé de s’amplifier avec l’accaparement des terres », laissent entendre Emmanuel Elong et Marie-Noël Mbella Etondé. Plus loin, La Plume de l’Aigle apprend que « les populations locales sont privées des terres arables et forêts qu’elles utilisaient, de leurs moyens de subsistance, et ne constatent aucune réalisation concrète satisfaisante, ni aucun projet de développement promis en guise de compensations pour la réquisition de leurs biens.»

Toujours dans le registre des dénonciations, Synaparcam relève le manque de considération des communautés locales par la filiale de Socfin. La preuve en est que « la mobilité des riverains est entravée par les milices qui surveillent la plantation, et violentent les populations ». Pire, « les cours d’eau sont pollués par les pesticides

Réunies au sein de la Synaparcam, les victimes revendiquent leurs droits. Elles souhaitent qu’un dialogue franc soit ouvert « pour une résolution durable des conflits ».

Si la Synaparcam pense que les dirigeants de la Socapalm ne veulent pas dialoguer avec « les vrais leaders communautaires », M. Cornet explique dans le procès-verbal de la réunion du 8 septembre dernier que « son bureau est ouvert ». Malgré cela, il regrette le fait que certaines personnes soient toujours en train de faire « des dénonciations abusives ou montées, cas du mineur présenté dans le reportage de RTBF.»

Dénonciations qui arrangent visiblement la Synaparcam qui exhorte la direction générale de Tractafric Motors Cameroun à prendre leurs revendications au sérieux. « Nous vous demandons aimablement de vous engager pour que votre politique de responsabilité sociale soit effective, en poussant votre client à tenir ses engagements sur le terrain, et à concrétiser la résolution des conflits sociaux », supplient Emmanuel Elong et Marie-Noël Etondé Mbella. Au Cameroun, la Socapalm occupe quelque 78 529 hectares à Mbongo, Dibombari, Mbambou, Edéa, Kienke et Eséka, 32 500 hectares directement exploités et 18 265 hectares indirectement exploités via des plantations familiales.

Didier Ndengue

 

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