Jeunes et femmes de la Cemac pendant la visioconférence avec le gouvernement de la Cemac
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La 12e édition de la Journée de la Cemac s’est tenue ce mardi 16 mars 2021. Occasion pour les associations de femmes et de jeunes d’échanger avec les premiers responsables communautaires, notamment le Ministre de l’Economie du Cameroun, Président du Conseil des Ministres de l’UEAC, Alamine Ousmane Mey, le Président de la Commission, Pr Daniel Ona Ondo et l’ensemble des membres du gouvernement de la Commission de la Cemac.

Le thème retenu pour cette célébration est : « Préserver et promouvoir les acquis de l’intégration sous-régionale face aux défis sécuritaires et sanitaires ». Le professeur Daniel Ona Ondo a présenté les avancées enregistrées dans la sous-région en matière d’intégration. L’économiste en chef de l’institution communautaire a fait un tour d’horizon des politiques menées par son gouvernement pour participer pleinement au développement économique et social de la Cemac. Il a insisté sur les multiples actions qui ont été menées par la Cemac, qui faut-il le rappeler, est sur tous les fronts. Au plan sanitaire, il a expliqué la mise en place du plan de riposte sous-régional contre la Covid-19 et au plan économique, il s’est réjoui des résultats probants de la table ronde des bailleurs de fonds pour le financement des projets intégrateurs, qui porte les germes d’une véritable transformation structurelle et industrielle de la Cemac.

Pendant plus de deux heures d’horloge, les représentants de la société civile ont échangé à bâton rompu avec les initiateurs de cette rencontre, non sans formuler les attentes qui leurs tiennent à cœur pour que les peuples des pays de la Cemac s’approprient et participent plus activement au processus d’intégration.

Simon Keng

Source : Commission de la Cemac

 

Pr Daniel Ona Ondo : « les manquements d’aujourd’hui seront corrigés demain, au fur et à mesure de l’évolution de notre Communauté »

Pr Daniel Ona Ondo, Président de la Commission de la Cemac pendant son mot d’introductif à la 12e édition de la Journée de la Cemac

Mot introductif du Président de la Commission à l’occasion de la 12e édition de la Journée de la Cemac

Monsieur le Président du Conseil des Ministres de l’UEAC ;

Madame la Vice Présidente de la Commission de la CEMAC;

 Messieurs les Commissaires ;

Distingués Invités, Mesdames et Messieurs;

Chers participants,

Je suis honoré, et avec moi le Gouvernement de la Commission de la CEMAC ainsi que nombre de nos collaborateurs, de pouvoir échanger, en direct, avec vous, les Femmes et les Jeunes d’associations du Cameroun sur la problématique de l’Intégration sous-régionale.

Veuillez recevoir, Mesdames et Messieurs, toutes nos salutations les plus chaleureuses.

Je voudrais aussi exprimer, au nom de la Commission de la CEMAC, notre profonde gratitude au Ministre Alamine OUSMANE MEY, Président du Conseil des Ministres de l’UEAC, à la fois pour sa disponibilité, sa guidance et pour l’opportunité qu’il nous donne aujourd’hui d’échanger avec vous dans le cadre de cette visio-conférence.

Avant d’aborder l’objet de nos échanges de ce jour, permettez-moi d’exprimer, au nom de la Commission de la CEMAC, notre profond chagrin face au drame qu’a connu le peuple frère de la Guinée Equatoriale.  L’explosion d’un dépôt d’armes à BATA, qui a causé la mort de plusieurs personnes et blessé plusieurs centaines d’autres en plus de dégâts matériels très importants, nous touche tous, en tant que citoyens de la Communauté.

C’est, ici, le lieu de renouveler nos condoléances les plus attristées à Son Excellence Téodoro OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République, Chef de l’Etat, à son Gouvernement, aux familles  impactées et à l’ensemble du peuple Equato-Guinéen.

Mesdames et Messieurs,

L’intégration en zone CEMAC est le sujet de notre débat de ce jour. La CEMAC est née le 16 mars 1994 à Ndjamena avec la signature du traité qui  institue une Communauté de destin entre le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, le Tchad et la Guinée-Equatoriale qui a rejoint la Communauté en 2007.

Dès la création de la CEMAC, les pères fondateurs lui ont fixé comme objectifs majeurs de :

  • parvenir à la libre circulation des personnes, des biens et des services afin de créer un véritable marché commun ;
  • assurer une gestion stable de la monnaie commune ;
  • sécuriser l’environnement des activités économiques et des affaires en général ;
  • harmoniser les politiques sectorielles nationales pour une intégration toujours plus renforcée.

27 ans après, on peut valablement affirmer, en ce jour anniversaire de la création de la CEMAC, que sur chacun de ces objectifs, l’essentiels est fait, même s’il faut reconnaître que l’entreprise est grande et qu’elle progresse en se réinventant continuellement. Les manquements d’aujourd’hui seront corrigés demain, au fur et à mesure de l’évolution de notre Communauté.

Depuis sa création donc, la CEMAC s’est employée, avec succès, à :

  • soutenir le développement d’un véritable marché commun en vue d’une intégration irréversible ;
  • mettre en place une dynamique d’harmonisation sectorielle progressive des textes de ses États membres ;
  • mettre en place les outils de l’unification des marchés intérieurs ;
  • définir des politiques communes dans les secteurs essentiels de l’économie ;
  • promouvoir le commerce, l’industrie, l’agriculture, l’élevage et la pêche ;
  • construire un espace communautaire d’enseignement supérieur, de recherche et de formation professionnelle.

A ce jour, les citoyens de la CEMAC peuvent et doivent se réjouir d’importantes avancées dans nombre de domaines, entre autres :

  • les quatre libertés de circulation (personnes, biens, services et capitaux) ;
  • les activités de l’Agence communautaire de gestion des crises sanitaires regroupant les actions de l’OCEAC et du CIESPAC ;
  • la mobilité des étudiants, des enseignants-chercheurs et chercheurs dans l’Espace CEMAC d’Enseignement Supérieur, de Recherche et de Formation Professionnelle ;
  • les projets intégrateurs dans le cadre du PER :
    • les réseaux routiers ;
    • l’accès des populations à l’énergie électrique et aux moyens modernes d’information et de communication ;
  • la coordination des politiques budgétaires ;
  • le dispositif de la surveillance multilatérale ;
  • les directives sur les finances publiques ;
  • les statistiques macro-économiques ;
  • les activités fiscalo-douanières ou instruments douaniers tel que le Tarif Extérieur Commun (TEC) ;
  • une solidarité sous-régionale agissante (appui financier et envoi de forces de maintien de la paix, etc.) ;

Dès l’Union Douanière Equatoriale (UDE) mise en place à la veille des indépendances, en 1959, en passant par l’Union Douanière et Economique de l’Afrique Centrale (UDEAC), en 1964, nos Etats ont compris que se mettre ensemble est la seule voie possible pour construire un grand marché attractif et créer les conditions pour un développement durable.

La jeunesse et la question de la promotion du genre sont au centre des préoccupations des programmes de développement des institutions internationales et la CEMAC  ne saurait déroger à cette réalité. Le Programme Economique Régional (PER) réserve, ainsi, une large part des projets  à ces deux domaines d’accélérateur du développement.

Une réflexion sur la question du genre est lancée par la Commission de la CEMAC depuis 2016.  Elle vise à développer une stratégie Communautaire permettant une promotion véritable du genre et l’implication plus accrue des femmes. Les rapports des études qui ont analysé, en profondeur, les différentes approches du concept genre qui prévalent dans la sous-région, offrent des perspectives intéressantes en termes de définition et de mise en œuvre de politiques adaptées à ces objectifs.

S’agissant des jeunes, vous conviendrez, avec moi, que des efforts ont été faits pour élargir et faciliter la mobilité des étudiants, des chercheurs et des enseignants-chercheurs. A cet égard, la mise en œuvre du système LMD et l’harmonisation en cours des programmes d’enseignement dans nos universités participent de cette volonté d’ouvrir à chaque étudiant, chaque enseignant-chercheur et à chaque chercheur notre espace communautaire d’enseignement supérieur, de recherche et de formation professionnelle.

La CEMAC n’a pas perdu de vu l’emploi des jeunes.  Depuis 2015, un vaste programme dénommé « Train my generation » a été lancé par les plus hautes autorités de notre sous-région.  Il s’agit de promouvoir la formation accès sur l’emploi. Sa concrétisation tarde à se réaliser faute de financement mais il ne sera jamais classé dans les tiroirs.

Pour enjamber les pas dans ce processus de développer par l’intégration les potentialités de nos États, l’application intégrale, par tous les États, des décisions et résolutions dûment arrêtées par les instances communautaires compétentes s’avère indispensables. Il va sans dire que l’exigence des résultats voudrait que les moyens d’action soit disponibles.

La Commission de la CEMAC a joué et continuera à jouer son rôle de catalyseur, d’harmonisateur et de coordonnateur pour les projets intégrateurs, notamment pour :

  • la mise en place des conditions pour la transformation locale de nos matières premières ;
  • la finalisation du programme d’interconnexion des réseaux de télécommunications ;
  • le renforcement de la coopération entre les institutions de l’enseignement supérieur ;
  • l’adaptation du système éducation aux normes et exigences actuelles ;

Il est vrai que la crise sanitaire due à la Covid-19 laisse très peu de marge de manœuvre à nos Etats. Cependant, les difficultés ne doivent pas nous faire perdre de vue la nécessité impérieuse et vitale de mobiliser les ressources pour la réalisation des projets intégrateurs.

Plus que jamais, nous devons resserrer les rangs, agir ensemble, partager les expériences, renforcer nos instruments d’intégration, à l’exemple de l’OCEAC dans le domaine de la santé qui accompagne les Etats dans la lutte contre les crises sanitaires, et promouvoir le dialogue et le consensus comme outils de gestion de nos différends.

Mesdames et Messieurs, vous l’avez compris ! Il n’y a pas d’autre alternative pour chacun de nos pays que l’intégration sous-régionale et régionale. Seul, on n’a aucune chance. Mais ensemble, on réussit toujours.

Ensemble, chacun en ce qui le concerne, nous devons nous battre pour transformer cet espoir initial en un immense succès au profit des filles et fils de l’Afrique Centrale.

Voilà, Mesdames et Messieurs, le cadre général à partir duquel nous allons échanger avec vous.

Pour cette réunion avec vous, je ne suis pas seul. Je suis avec le Gouvernement de la Commission de la CEMAC, au premier rang duquel je cite, la Vice-Présidente Mme FATIMA ACYL HARAM ; Les Commissaires NIAMA du Marché Commun ; BELIBANGA des Politiques Economiques ; Mr SHEY JONES YEMBE pour les Infrastructures et Mr EDJANG NUTUMU AVOMO pour l’Education. Sont également présents pour répondre à vos questions, les Représentants dans chaque pays et les principaux Directeurs et Chefs de Service de la CEMAC et enfin les principaux Responsables des Institutions de la CEMAC à qui j’adresse au Passage mes sincères remerciements pour leur disponibilité.

Vive la CEMAC,

Vive l’intégration Régionale,

Je vous remercie pour votre bienveillante attention.

Fait à Malabo, le 16 mars 2021

Pr Daniel ONA ONDO

 

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