Pierre Castel, Président directeur général du Groupe Castel
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Selon un rapport de l’ONG américaine The Sentry d’août 2021, cette filiale serait impliquée dans la mise en œuvre d’un système sophistiqué et informel pour financer les milices armées par des paiements directs en espèces, ainsi que par un soutien en nature sous forme d’entretien de véhicules et de fournitures en carburant.

Des révélations aussi graves que troublantes. Après avoir pris connaissance de ces allégations graves portées à l’encontre de la Sucrerie africaine de Centrafrique (Sucaf RCA), filiale centrafricaine de la Société d’organisation, de management et de développement des industries agricoles (Somdiaa), la Direction générale du groupe français Castel, à travers un communiqué, a saisi son Comité d’éthique dans le but « de diligenter immédiatement une enquête conformément à ses procédures internes », rapporte le journal Afrique 54. Une enquête dont l’issue sera également communiquée. Toutefois, souligne un confrère, le président de la Somdiaa, Alexandre Vilgrain, a expliqué bien avant l’ouverture de l’enquête ci-dessus mentionnée qu’il « n’existe à notre connaissance aucun arrangement passé par la direction de Sucaf RCA et aucun soutien d’aucune sorte n’a été fourni », a-t-il déclaré.

Les faits qui accablent le groupe Castel

L’enquête de The Sentry révèle que la Sucaf RCA a négocié un arrangement sécuritaire avec le groupe armé, l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), malgré un contexte de crise politique et sécuritaire aigüe fin 2014. Par cet accord tacite, les leaders de l’UPC se sont engagés à sécuriser l’usine et les champs de canne à sucre de la Sucaf RCA et à garantir la libre circulation sur les axes routiers clés nécessaires à l’approvisionnement de l’usine sucrière. Or, l’UPC avait déclaré cette partie du pays une « zone rouge » où l’activité économique et industrielle demeurait impossible.

Toujours selon The Sentry, la Sucaf, afin de protéger son marché sucrier, a mis en place un système sophistiqué et informel pour financer les milices armées par des paiements directs et indirects en espèces, ainsi que par un soutien en nature sous forme d’entretien des véhicules et de fourniture de carburant. Cet accord tacite entre la Sucaf RCA et les milices de l’UPC s’est poursuivi jusqu’en mars 2021. Toutefois, son avenir reste incertain en raison du déploiement des forces gouvernementales et russes dans des territoires anciennement contrôlés par l’UPC. Une actualité à suivre.

Francine Atangana  

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