« C’est un projet qui lutte contre les violences faites aux femmes », nous apprend Isabelle Makota, déléguée régionale du Minproff pour le Littoral.  Crédit photo: @LaPlumeDelAigle
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Malgré les petites attentions du gouvernement et des partenaires humanitaires, les larmes des déplacés internes de la capitale économique camerounaise ne cessent de couler.

Leur présence à Douala fait subir d’énormes pressions à d’autres camerounais, bienfaiteurs qui les accueillent. Des “bons samaritains” comme Mirabel Gagholi. Cette dernière traine, avec amour, des charges au-delà de ses forces depuis le déclanchement de la crise dans les régions anglophones du Cameroun en 2016. Originaire de Bamenda, dans le Nord-ouest, épicentre de la crise, Mirabel héberge 12 personnes dans son petit studio sis au quartier Mabanda, dans l’arrondissement de Douala 4e. « Plusieurs frères et sœurs ont fui la guerre pour se réfugier chez moi », nous apprend-t-elle, toute triste, laissant tout de même transparaitre une volonté de continuer à être utile aux siens.

Mirabel Gagholi vit du petit commerce. « Le matin, je vends, le pain, haricot, sardine», dit-elle. En plus des nombreuses difficultés liées à la prise en charge des siens, elle doit prendre soin de sa mère malade. « Elle a un problème avec ses yeux. Je fais le nécessaire pour la soigner ». Son souhait le plus cher est que la crise dans le Nord-ouest et le Sud-ouest prenne définitivement fin « pour qu’on soit à l’aise ».

A un jet de pierre, nous rencontrons Charline Diekang, qui souffre également dans sa chair. Elle a fui son village natal dans la région de l’Extrême-Nord depuis deux ans à cause des affres de la secte islamiste Boko Haram, la sècheresse et le manque de nourriture. A Bonabéri où elle vit désormais avec sa petite famille, elle ne se plaint pas beaucoup, même si tout n’est pas rose. « Je fais tout ce que je trouve à faire pour nourrir ma famille. Ce n’est pas facile, mais le plus important est que j’ai la santé et je mange, loin des crépitements des armes. Je rends grâce à Dieu pour cela », se console Charline Diekang.

Kits de dignité  

Les cris de détresse de nombreuses victimes des crises sécuritaires au Cameroun ont été entendus par le Fonds des Nations-unies pour la population. Le 23 décembre dernier à la sous-préfecture de Bonassama (Bonabéri), l’agence spécialisée de l’Organisation des Nations-Unies a volé au secours de 250 déplacées internes victimes des violences basées sur le genre dans l’arrondissement de Douala 4e.

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Des kits (sous-vêtements, savon de ménage, brosses à dents, pates dentifrice, lampe torche de poche rechargeable, pagne coton, serviettes hygiéniques réutilisables,…) leur ont été distribués au cours de la cérémonie du lancement du programme de soutien de l’organisation internationale à la réponse humanitaire aux personnes vulnérables déplacées internes dans les régions du Nord-ouest, Sud-Ouest, Ouest et Littoral.

Cette action menée en collaboration entre le ministère de la Promotion de la femme et de la famille (Minproff) et le Fonds des Nations-Unies pour la population, est financée par l’Union européenne. « C’est un projet qui lutte contre les violences faites aux femmes », nous apprend Isabelle Makota, déléguée régionale du Minproff pour le Littoral.

Il est ici question d’apporter aux femmes, « les kits de dignité ». La première phase du projet leur permet de conserver leur dignité. La deuxième phase en gestation, sera de leur permettre de générer une activité génératrice de revenus.

« On travaille aussi pour s’assurer que dans un contexte humanitaire, les femmes enceintes, accouchent dans des conditions décentes et qui les protègent contre les décès maternels ou toute autre forme de morbidité », renchérit Siti Batoul Oussein, représentante du Fonds des Nations-Unies pour la population au Cameroun.

Didier Ndengue

 

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