Le vol et le trafic règnent en grand-maître dans ce service public. Les populations ne savent plus à quel saint se vouer
Le vol et le trafic règnent en grand-maître dans ce service public.
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Le vol et le trafic règnent en grand-maître dans ce service public. Les populations ne savent plus à quel saint se vouer.

Pour établir un simple certificat de perte d’une pièce d’identité, il faut se lever du bon pied. Incroyable ce qui se passe dans certains services publics au Cameroun, notamment au commissariat de sécurité publique du 9ème arrondissement de la ville de Douala. L’établissement d’un simple certificat de perte qui pouvait revenir à 2100 FCFA gravite autour de 3500 FCFA avec la complicité des agents de police qui ont fait de ce trafic, une source de revenu journalière. Aussi, si vous vous présentez dans ce commissariat pour établir cette pièce qui pourrait vous être utile en cas de besoin, sitôt après l’accueil chaleureux qui sera réservé (ce qui est très rare dans ce genre de service), vous serait plutôt surpris par les instructions qui vous seront données par la suite. Car, c’est un agent de police qui, au lieu de vous conduire dans le service réservé à cet effet, vous orientera vers l’extérieur à la rencontre d’un vendeur d’imprimés.

Si jusqu’à ce niveau, l’on pourrait croire que c’est normal, l’on commence à déchanter lorsque ce dernier vous indiquera la conduite à tenir : « vous devez vous munir d’une photocopie de la pièce perdue (normal), faire des demi cartes photos 4×4 (normal), mais surtout lui remettre la somme de 3500 FCFA qui servirait au frais de timbre s’élevant à 1000 FCFA (normal). Pour les 2500 FCFA restant, il vous dira que du fait qu’il n’existe pas de perception dans les environs pour s’acheter un timbre, il lui faut bien prendre le taxi pour se rendre au quartier administratif de Bonanjo, soit 1000 et les autres 1500 FCFA restant se partageront entre l’agent de police qui a joué les intermédiaires et le commissaire qui signera le document.

Il faudra alors attendre encore près de 3heures d’horloge avant de rentrer en possession du document signé. Car on vous dira que le commissaire, seul, habilité à apposer son visa sur le document, arrivera au bureau à 10 heures alors qu’il habite juste au-dessus du bâtiment abritant ses services. Entretemps, l’agent de police qui a joué les relais s’assurera que rien ne lui aura échappé. Car c’est lui qui vient récupérer « le parapheur » avec son contenu pour l’introduire chez le commissaire. Et le tour est joué.

Ce trafic qui se passe tous les jours est valable pour toute autre pièce qui nécessiterait qu’on y colle un timbre. N’allez surtout pas vous plaindre. On vous dira que c’est comme ça que ça se passe. Le plus surprenant dans cette affaire, c’est qu’à l’entrée du commissariat, une affichette vous informe au sujet de la lutte contre la corruption qui y est menée. Finalement, de qui se moque-t-on ? Le délégué régional est-il au courant de cette situation ? Certainement pas. Trainant derrière lui la réputation d’un homme intègre, il ne permettra pas que les populations puissent être « déplumées » à ce point.

Simon Keng

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