Le fournisseur de l’énergie électrique au Cameroun définit un nouveau départ avec ses clients ce vendredi 10 juillet 2020.
Un agent d'Eneo en action
- Advertisement -

Le fournisseur de l’énergie électrique au Cameroun est attaqué de toutes parts par les associations de défense des droits des consommateurs. Parmi les organisations les plus actives sur le terrain et sur les réseaux sociaux, on a le Réseau national des consommateurs du Cameroun (Rnc), dirigé par Francis Hervé Eyalla Saba. Ce dernier fait une énorme pression sur les responsables d’Eneo pour que les consommateurs ne soient plus floués.

Si je soutiens la bataille des organisations de défense des consommateurs, je dois également reconnaître que nous avons notre part de responsabilité dans cette affaire. Je ne dédouane pas Eneo, mais reconnaissons qu’elle fait le nécessaire pour satisfaire sa clientèle. La méthode et la stratégie ne sont certainement pas satisfaisantes, mais la volonté y est. Avouons-le, sans toutefois baisser la garde.

En même temps, posons-nous la question de savoir où sont passés nos hommes d’affaires dans cette grosse bataille pour une meilleure électrification du Cameroun? Pourquoi nos milliardaires ne s’y intéressent pas? Un membre du patronat camerounais pourrait par exemple se lancer dans la production de l’énergie électrique, mais ne le fait pas. Pourquoi ?

Un cadre chez Eneo a tenté de répondre à mes questions il y a quelques jours. Il m’a expliqué que nos hommes d’affaires ne sont pas prêts à investir dans ce business parce qu’il ne rapporte pas sur le champ. «Quand tu investis dans ce secteur, il faut attendre au moins 10 ans ou 20 ans pour avoir les premiers bénéfices, mais nos opérateurs économiques veulent gagner après deux ou trois ans. Ce n’est pas possible. Ils ne veulent pas mouiller le maillot», regrette mon interlocuteur.

Le secteur de l’énergie électrique est détenu par le fonds britannique Actis (51%), l’Etat du Cameroun (44 %) et par les agents d’Eneo (5%).

Des investisseurs locaux peuvent produire l’énergie et donner à Eneo pour la distribution dans les ménages, mais personne ne veut s’engager. A qui la faute ? Certainement pas à l’Etat du Cameroun, ni à Eneo.

Didier Ndengue

- Advertisement -

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here