Didier Badjeck, Cameroun Consulting and Prospective: "iI faut laisser les militaires à leur tâche républicaine, et Dieu seul sait qu'ils sont sollicités en ce moment où ils ont plutôt besoin de la solidarité de la nation pour surmonter les défis sécuritaires. Ne leur prêtez pas vos intentions."
Le ChroniqueurTribune Libre

Didier Badjeck: pourquoi l’arc crisogène continue sa route dévastant nos espoirs, malgré autant d’efforts consentis?

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Dans mon retrait et ma méditation, il m’arrive de m’interroger avec beaucoup de recul et de me demander ce qui ne va pas sous nos latitudes. Pourquoi tout s’enchevêtre? Pourquoi l’arc crisogène continue sa route dévastant nos espoirs, malgré autant d’efforts consentis? En calquant la cartographie des zones africaines sous menaces sécuritaires protéiformes à celle des richesses potentielles, notamment en minerais, alors l’on découvre le pot aux roses sans être pour autant un mordu de la stratégie; les deux cartes se confondent pour dire que la majorité des conflits en Afrique sont d’origine prédatrice. Nous ne découvrons pas l’eau chaude, mais il est naturel d’examiner les qualités de nos réponses, et de relever les centres de gravité qui retardent la paix tant au plan exogène qu’au plan endogène.

1) Le Cameroun est un pays de paix et son armée a une vocation régalienne qui est celle de protéger cette paix et de défendre notre territoire. Ce travail est fait de manière professionnelle malgré une élongation de menaces qui serpentent nos latitudes du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest (guerre contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord, menace irrédentiste dans le NOSO, piraterie maritime sur le tablier littoral, et menaces traditionnelles échelonnées en opérations interlopes, différents trafics etc.). Devant ces missions pharaoniques, les forces de défense font face avec une certaine autonomie stratégique, ce qui est d’ailleurs rare en Afrique

2) Malgré toutes les solutions proposées, qu’elles concernent les réponses opérationnelles face à la crise ou les réponses politiques, c’est à coup de désinformation que des acteurs veulent détricoter des efforts courageux et salutaires que le Cameroun déploie dans la recherche d’une paix perdue au bout du chemin parsemé de quelques coups foireux d’aventuriers et entrepreneurs du chaos. Qu’avons-nous fait pour mériter ce destin? A qui profite l’horreur que nos enfants voient à longueur de journée via la révolution des TIC que trop bien maîtrisées par les pyromanes invétérés, paradoxalement en quête de légitimité, comme pour ramener les Camerounais à accepter comme messie, le violeur, le bandit et le contempteur. Les médiascopies s’affolent, les décalages entre réalité et fantasmagorie creusent un fossé abyssal, et la danse occidentale prend avec frénésie, au rythme de visions sur les terrains des opérations, où les bilans sont du ressort spéculatif désormais, ou comme si un mort n’était pas déjà un mort de trop. Des médias, apparemment réputés, mettant à caution la crédibilité de tout un gouvernement… un équilibre surprenant entre l’activité terroriste et l’action régalienne? L’analyse objective nous abandonne à ce constat. Quelle stupéfaction de constater l’amour pugnace que l’actualité camerounaise suscite chez les commanditaires de la délation. Tout y passe, même le clown de service Mamane, et sa république fictive du Gondwana, il fallait bien qu’il y ait un traître fraternel pour que la comédie soit caustique, le Cameroun est devenu le morceau choisi des clowns et artistes en perte d’inspiration. Tout y passe, dérapage déontologique, galvaudage éthique, rhétoriques rasantes et ennuyeuses, les titres les plus résilients et visqueux sur 72 heures sont ceux qui concernent notre beau pays. Pas un mot des libertés de circulation froissées des voyageurs en règle de l’autre cité de la Méditerranée, c’est un détail, tout comme l’assassinat de cette petite gendarme qui avait toute la vie devant elle, et derrière elle, l’espoir d’une famille. Bravo les alpinistes de l’irréversible destruction. Pour qui roulez-vous? Certainement pas pour notre progrès. Enfin, nous n’oublierons pas, nous ne nous tromperons pas de combat, car le seul qui existe est celui de notre liberté et de notre indépendance. Un peuple uni est invincible. C’est aussi cela la posture d’un peuple mature que de ne point céder aux balivernes.

Par Didier Badjeck, Colonel à la retraite

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