Tensions aux Etats-Unis et risque de sécession : quelle leçon à retenir pour l’Afrique ?de la paix (ONU) en Afrique : le cas de la MINUSCA comme instrument de la politique étrangère américaine en RCA
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Tensions aux Etats-Unis et risque de sécession : quelle leçon à retenir pour l’Afrique ?

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Par Charly Kengne

Le gouverneur du Texas est en guerre ouverte avec Joe Biden depuis son arrivée à la Maison-Blanche en 2021. Dénonçant le supposé laxisme du président démocrate dans la lutte contre l’immigration illégale, Greg Abbott a décidé de s’en occuper lui-même, pour le territoire du Texas.

C’est ainsi qu’en Juillet 2023, Greg ABOTT gouverneur de l’État du Texas lance la construction d’une frontière flottante pour repousser les migrants sur le Rio Grande qui le sépare du Mexique. À sa grande surprise, le vendredi 15 Septembre 2023 une ordonnance de justice du juge fédéral saisi par l’administration Biden ordonnait le « Retrait de cette frontière flottante ». Mais le soulagement a été de courte durée pour ses détracteurs car la Texas a eu raison de la décision en appel dès le lendemain.

Déjà que bien avant Greg ABOTT avait de toute façon prévenu qu’il ne plierait pas : « JE PENSE NOUS AVONS LE DROIT DE LE FAIRE ET NOUS IRONS JUSQU’À LA COUR SUPRÊME S’IL LE FAUT ». En quelques mois, il est devenu le symbole d’un bras de fer entre le gouverneur de cet État Républicain Greg ABOTT et le Président démocrate Joe BIDEN sur la politique migratoire du pays.

I- TENSIONS AUX ÉTATS-UNIS ET RISQUE DE SÉCESSION

Hier Jeudi 25 Janvier 2024, le média Américain « Newsweek » nous annonçait à sa « UNE » :

« LE TEXAS ENVISAGE À NOUVEAU LA POSSIBILITÉ DE QUITTER LES ÉTATS-UNIS ».

Les Raisons évoquées par « Newsweek » ici qui motiveraient le Texas à se détacher des États-Unis viennent du fait que : « les autorités fédérales ne peuvent pas et ne veulent pas protéger la région de l’invasion des migrants ».

D’ailleurs le Gouverneur de l’État du Texas revendique le droit de son État à l’autodétermination surtout que la possibilité d’une sécession des États-Unis est inscrite dans la constitution du Texas, de la Floride et plusieurs autres États américains.

En Réponse à cette à ces propos du gouverneur de l’État du Texas, voilà ce que déclare le président américain Joe BIDEN sur « Fox NEWS » :

 » Le président américain fixe une date limite de 24h à l’État du Texas pour se conformer à la décision de la cour suprême des États-Unis et confier les postes de patrouille frontalière au gouvernement fédéral sous peine de subir les conséquences ».

À partir de cet instant, la question qu’on se pose est de savoir : « QUELLES PEUVENT ÊTRE LES CONSÉQUENCES DONT PARLENT LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN » ? 

Voilà la réponse qui est apportée à cette question par la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre sur les antennes de CNN.

Sur les antennes de CNN, la porte-parole de la Maison Blanche a ouvertement laissé entendre que la Maison Blanche n’exclut pas la fédéralisation de la Garde Nationale du Texas. Autrement dit l’usage à la force pour contraindre l’État du Texas à revenir sur sa décision.

Ces tensions auraient pu passer inaperçues si ce différend opposait uniquement l’État du Texas au gouvernement fédéral ; Sauf que depuis bientôt 24h, sur la cinquantaine d’États que comptent les États-Unis, un peu plus de vingt et un ( 21) États se disent solidaires du Gouverneur de l’État du Texas et estiment sa démarche « LÉGALE » ET « LÉGITIME » parmi lesquels certains États à caractère sécessionnistes comme l’État de « Floride » dont l’attaché de presse Jérémy Referme du gouverneur Ron DeSantis sur page X déclare :  » La Floride Highway Patrol patrouille actuellement à la frontière Sud avec les autorités du Texas ».

À cela, on peut ajouter plusieurs autres déclarations des gouverneurs d’État en soutien au Texas tels que celles de Brian KEMP (Gouverneur de la Géorgie) qui déclare sur sa page X : « Trop c’est trop. Notre frontière Sud est en crise en raison du refus de l’administration Biden de faire son travail ».

Ou encore celles de Mike Parson ( Gouverneur du Missouri), Glenn Youngkin ( Gouverneur de la Virginie),  Kristi Noem ( Gouverneure du Dakota du Sud ) ; tous soutenant de façon indéfectible Greg ABOTT ( Gouverneur du Texas).

II- QUELLE LEÇON À RETENIR POUR L’AFRIQUE ET LES AFRICAINS ?

Déjà j’ai pour habitude de dire aux Africains que ceux qui connaissent l’histoire de ce monde, la vraie non celle-là qui est enseignée à nos enfants ou même encore les réalités de la gouvernance à l’intérieur des États-Unis, ceux-là sauront que ce pays n’a aucune leçon de gouvernance, encore moins de démocratie à donner à qui que ce soit.

Les États-Unis et sa démocratie loin d’être le modèle de gouvernance par excellence comme ils veulent nous faire savoir, vit les mêmes problèmes qui se posent aux autres États à travers le monde. Le cas par exemple de la « SÉCESSION DE CERTAINES REGIONS DU PAYS » mais très peu de gens le savent qu’à l’intérieur du système fédéral Américain, il existe de nombreux États Sécessionnistes dont le Texas et la Floride et bien d’autres encore…  .

Posez-vous la question de savoir : QU’EST CE QUI JUSTIFIE CHAQUE ANNÉE DEVANT LE CONGRÈS UN DISCOURS SUR L’ÉTAT D’UNION PAR LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN » ? 

Justement c’est pour présenter, expliquer, faire le bilan et proposer des solutions sur ce problème interne à l’Amérique qu’est la « VOLONTÉ DE SÉCESSION DE CERTAINS ÉTATS ».

Et pour palier à cela, la pirouette que le gouvernement fédéral a vite trouvé est celui de la « GARDE NATIONALE » ou « l’ARMEE » dont chaque État fédéré dispose d’une ou de plusieurs Garnisons pour selon le besoin comme c’est le cas en ce moment être déployé pour contraindre un gouverneur à rester dans la fédération.

Personnellement je n’ai rien contre, c’est leur pays, ils le gèrent et le gouvernent comme ils l’entendent ou comme ils le veulent. Seulement le mal avec l’Afrique et le reste du monde c’est que ces mêmes américains ne sont pas foutus de reconnaître ce même Droit aux États Africains.

Quand les mêmes schémas (Problèmes liés à la SÉCESSION de certaines régions) se reproduisent en Afrique bien sûr avec leur appui et leur soutien (celui de leurs agences de renseignement), les mêmes viennent nous donner des leçons de gouvernance, de démocratie et de Droit International comme quoi il faut dialoguer ; Il faut s’asseoir sur une table de négociation avec les sécessionnistes ; Il faut faire des concessions, mettre en place des gouvernements d’union nationale et j’en passe…

Les exemples sont légions, on peut citer ici les Accords d’Alger de 2015 entre le Mali et les rebelles, terroristes et sécessionnistes dans le Nord ( CMA) ; Les Accords de Khartoum entre la RCA et quatorze (14) groupes rebelles, terroristes et sécessionnistes centrafricains.

Les Accords de Linas-marcousis entre la Côte d’Ivoire du Président Laurent GBAGBO et les groupes rebelles, terroristes et sécessionnistes dans le Nord.

Au Cameroun récemment encore on nous a organisé un grand « Dialogue National » pour dialoguer et négocier avec des rebelles, terroristes et sécessionnistes qui opèrent dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest.

Le cas de la République Démocratique du Congo avec les groupes rebelles, terroristes et sécessionnistes à l’Est du pays comme le M23.

Pourtant, les mêmes schémas reproduits chez eux, la sentence est claire et sans appel. C’est l’élimination directe de tout mouvement rebelle, contestataire ou sécessionniste pouvant aller jusqu’à l’usage de la force et des armes.

Le cas de l’ETA (Mouvement Séparatiste Basque ) en Espagne ; de l’IRA ( Irish Républican Army ) en Irlande ; le mouvement de libération de la Corse en France et aujourd’hui le Texas, la Floride et bien d’autres États en Amérique.

CONCLUSION 

Au-delà de redéfinir le modèle de gouvernance qui sied à l’Afrique en tenant compte de nos réalités historiques, Culturelles, anthropologiques, cosmogoniques et sociologiques ; l’Afrique doit comprendre qu’elle ne peut pas continuer à exister à travers les autres. Surtout que les questions de « POLITIQUE INTERNE » sont des questions de « SOUVERAINETÉ » et par conséquent ne devraient pas faire l’objet d’ingérence d’une quelconque puissance étrangère fut elle les États-Unis ou l’Europe.

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