Le directeur de l’hôpital de district de Mbanga parle des conditions de travail  dans son centre de santé en cette période de crise.
Dr Mangala Kwele, directeur de l'hôpital de district de Mbanga stresse.
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Le directeur de l’hôpital de district de Mbanga parle des conditions de travail  dans son centre de santé en cette période de crise.

Mbanga étant une ville de transit, on a une grosse crainte par rapport à la situation géographique et démographique de la ville, qui a pris un sacré coup avec l’afflux des déplacés de la crise dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. Mais compte tenu des mesures qui ont été prises au niveau national, il y a une lueur d’espoir.

L’espoir réside dans le fait qu’il faille d’abord appliquer les mesures de l’OMS. Des mesures qui sont d’abord individuelles. Nous, personnel de santé, sommes pour le moment des accompagnateurs. Notre rôle c’est d’expliquer la conduite à tenir pour éviter la maladie.

Malheureusement dans la communauté, il y a une espèce de déni de la maladie qui a pignon sur rue. Des comportements qui rappellent la négligence observée lors de la survenue du VIH/Sida où des gens avaient de la réticence à enfiler les préservatifs. Pour ce qui est de l’infection à coronavirus, certains croient encore que c’est une maladie qui touche et tue essentiellement les blancs. C’est là tout le challenge pour nous.

Une des dernières mesures que nous avons prises au niveau de l’hôpital, c’est de mettre sur pied une équipe de veille. Vous avez un médecin qui entretient les usagers sur les contours de la pathologie sur PowerPoint, par groupe de cinq ou de dix. Des séances d’explication aux usagers qui font suite à la mise à niveau de tout le personnel de santé.

L’occasion faisant le larron, j’invite les médias à assurer plus que par le passé le relais de la sensibilisation. Car par le passé comme ce fût le cas au sujet du choléra, on a laissé croire que le choléra était une affaire de l’hôpital. Que non ! Le choléra c’est l’affaire de la maison et de l’école primaire.

Malheureusement, tout le monde renvoie tout au secteur santé. C’est pourquoi nous sommes épuisés et stressés. Et pour couronner le tout, nous sommes méprisés. Malgré tout, ceux qui sont convaincus du choix du métier que nous avons fait se donnent entièrement nonobstant nos maigres salaires.

Nous sollicitons un appui conséquent de la part des pouvoirs publics. Car le personnel médical mérite d’être protégé. Etant les premiers exposés, ils doivent être pris en compte. Au nom du courage et du sacrifice dont il fait montre, le personnel de santé mérite amplement le respect qui est dû à ce corps de métier, comme c’est le cas sous d’autres cieux, plus ou moins lotis financièrement que le Cameroun.

L’actualité aidant, il faut le rappeler pour le souligner, en France, le président de la République a pris l’engagement qu’après la crise du coronavirus, le médecin ne sera plus pareil en termes de valeur, d’avoir et de vie.

Propos recueillis par Elthon Djeutcha

 

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