Patrick Landry Adjedja, Sous-préfet de Yabassi
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Le chef de terre procède à l’installation du représentant de la communauté anglophone du village Solè jeudi 22 juillet 2021. L’autorité traditionnelle s’oppose et craint des troubles à l’ordre public.

Sa Majesté Valentin Mbende et Patrick Landry Adjedja se regardent en chien de faïence depuis plusieurs mois. La cause de ce climat délétère entre le Chef traditionnel du 3e degré du village Solè dans l’arrondissement de Yabassi et le Sous-préfet, est, selon un notable, un projet de désignation par l’autorité administrative, d’un auxiliaire d’administration dans le même village.

L’on apprend qu’il veut user de son pouvoir pour évincer ou fragiliser Sa Majesté Valentin Mbende, qui jouit de 39 ans de règne à la tête de la chefferie traditionnelle. Informé de ce qui se prépare dans les couloirs de la sous-préfecture, le chef traditionnel va adresser au Sous-préfet, une «lettre d’information en opposition à la création d’un village administratif et installation d’un chef administratif dans le village Solè». Quelques temps plus tard, il est rapporté au gardien de la tradition que le chef de terre poursuit « ses tractations » en vue d’installer un certain Claude Babila Sigala à la tête d’une chefferie administrative en gestation dans le même village.

Indigné par la détermination du Sous-préfet, Sa Majesté Valentin Mbende va adresser, en janvier 2021, une «lettre de transmission pour intervention relativement au trouble à la cohésion sociale, à l’ordre public et à la paix dans le village Solè à Yabassi» au préfet du Nkam.

Dans ladite correspondance, le chef traditionnel demande au supérieur hiérarchique de mettre fin au projet de son subalterne. Dans ce document dont La Plume de l’Aigle a eu copie, le chef traditionnel explique que cette action est de nature à causer le «trouble à la cohésion sociale, à l’ordre public» et à mettre à mal «la paix» dans l’arrondissement.

Le gouverneur de la région du Littoral va également être saisi. Samuel Dieudonné Ivaha Diboua demandera au préfet du Nkam d’examiner «la doléance» du chef traditionnel et de prévenir toute action visant à semer le trouble dans le village Solè.

«Instrumentalisation»

Accusé d’avoir perçu la somme de 800 000 FCFA pour imposer Claude Babila Sigala à la tête du village, le Sous-préfet de Yabassi que nous avons eu au téléphone parle  d’instrumentalisation. «Que ceux qui disent que j’ai pris 800.000 FCFA apportent la preuve».

Il fond en explication : «Je ne veux pas installer Monsieur Babila. Je veux juste qu’on désigne un représentant de communauté et que ce soit la communauté anglophone elle-même qui désigne son représentant. J’ai tenu une réunion à Solè en avril où j’ai clarifié les choses. Je veux juste qu’un représentant qui sera l’interface avec l’administration soit désigné, que ce soit Babila ou quelqu’un d’autre. Ce qui amène le chef  a diffusé des fausses nouvelles, c’est parce qu’il veut désigner lui-même les représentants des communautés».

Selon lui, il n’a jamais été question de désigner un autre chef traditionnel administratif dans le village Solè. Sa descente de jeudi 22 juillet 2021, «qui aura bel et bien lieu», permettra à faire désigner le représentant de la communauté anglophone du village. Du côté de la chefferie, on apprend que S.M. Valentin Mbende a déjà procédé à la désignation des représentants des communautés allogènes de Solè, y compris celui de la communauté anglophone.

Didier Ndengue

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