Infrastructure qualité
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L’Agence des normes et de la qualité du Cameroun (Anor) qu’il dirige, veut contraindre les opérateurs économiques à faire certifier leurs produits. Une initiative noble qui ne relève malheureusement pas de ses missions.

L’Agence des normes et de la qualité est sur un terrain glissant qui n’est pas le sien. Une délégation de la structure que dirige Charles Booto à Ngon est engagée dans une campagne de sensibilisation des producteurs et revendeurs locaux sur le respect des normes et la qualité.

Une rencontre a eu lieu dans ce sens avec quelques acteurs concernés le 30 mars 2021 dans les locaux du Groupement Inter-Patronal du Cameroun (Gicam) à Douala. L’information majeure retenue au cours de cette assise est que l’agence passe à la répression dans les prochains jours. Elle va sillonner les structures du pays pour s’assurer qu’elles répondent aux standards exigés. Des descentes musclées accompagnées des officiers de la police municipale sont en vue. Assurément pour fermer les commerces ou détruire les produits qui ne sont pas engagés dans une démarche qualité.

L’Anor oublie-t-elle ses missions ? 

Une initiative noble, qui ne relève malheureusement pas de la compétence de l’Anor, dont la mission principale est l’élaboration des normes. C’est ce que prévoit en tout cas le schéma des acteurs de l’infrastructure qualité au Cameroun. La sensibilisation ou la répression des acteurs économiques sont les missions régaliennes du ministère du Commerce. Le département ministériel que dirige Luc-Magloire Mbarga Atangana est celui qui veille à ce que les produits mis sur le marché local respectent les normes. Encore faut-il rappeler que les normes sont d’application volontaire. Dès qu’elles deviennent obligatoires, elles deviennent réglementaires. Seuls les députés de la nation peuvent la rendre d’application réglementaire à travers un texte de loi.

A ma connaissance, il n’existe jusqu’ici aucune loi sur la surveillance du marché par l’Agence des normes et de la qualité.

Lire aussi : CONTREFAÇON : QUE SERAIT LUC-MAGLOIRE MBARGA ATANGANA SANS LES RÉSEAUX SOCIAUX ?

L’opération en gestation mettra forcément les chefs d’entreprises dans tous leurs états. Elle coïncide en plus avec le calvaire entretenu depuis l’année 2020 par la crise du coronavirus. Qui paiera les pots cassés si la situation dégénère ?  Si elle est cautionnée par les pouvoirs publics, cette répression ne devra pas seulement concerner les petites et moyennes entreprises sans moyens de défense, mais également ces géants du marché qui ne respectent aucune norme de conformité.

Que les structures sanitaires, hôtelières qui ne sont pas certifiées soient également dans le viseur de l’Anor. En tant que conseil qualité de l’Anor selon des sources introduites, SGS, une institution suisse, si elle n’est pas derrière l’opération en cours, devrait amener son partenaire camerounais à se ressaisir en quittant ce terrain glissant.

Didier Ndengue

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