Parfois, les autorités africaines ne prêtent pas assez attention aux cris de cœur de la jeunesse. D’où la fuite de cerveaux. Au Cameroun par exemple, je connais un jeune bosseur, dynamique qui était farouchement opposé à Bolloré. Il allait au front avec le cœur, se battait de toutes ses forces parce qu’il croyait qu’il menait un combat noble.
Le président français Emmanuel Macron et deux jeunes africaines pendant le sommet Afrique-France de Montpellier le vendredi 8 octobre 2021. Photo : TV5 Monde
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La jeunesse africaine que je connais est très intelligente, lucide et pragmatique. Comme tout le monde, elle veut vivre, réaliser ses rêves et voyager à travers le monde. Son cœur bat très fort pour son  continent. Elle prend régulièrement des initiatives pour la souveraineté de ses Etats, parfois au péril de sa vie. Elle a juste besoin d’une attention particulière et d’un accompagnement conséquent.

Quand elle trouve un partenaire « sérieux » qui parle bien et qui l’étouffe d’opportunités, elle s’aligne automatiquement dans le but de survivre et de réaliser ses projets. Notre jeunesse est également fragile et exposée. Légère, ses convictions ne reposent sur aucune base solide. Comment voulez-vous qu’on ait des batailles en béton dans un continent où on n’enseigne presque pas la vision de nos héros nationalistes ?

Parfois, les autorités africaines ne prêtent pas assez attention aux cris de cœur de la jeunesse. D’où la fuite de cerveaux. Au Cameroun par exemple, je connais un jeune bosseur, dynamique qui était farouchement opposé à Bolloré. Il allait au front avec le cœur, se battait de toutes ses forces parce qu’il croyait qu’il menait un combat noble.

Il avait besoin de moyens pour poursuivre sa lutte anticoloniale. J’imagine qu’il n’a pas été soutenu, raison pour laquelle il a retourné sa veste. Aujourd’hui, il roule désormais pour la France. Il est devenu l’un des fervents défenseurs de la multinationale française. Qu’est-ce qui s’est passé ? Le gouvernement a-t-il essayé de soutenir son combat ? L’a-t-il étouffé d’opportunités comme le fait le réseau français pour qu’il puisse s’épanouir et prendre soin de sa famille? Je ne crois pas. Avec les opportunités d’en face, ne lui demandez plus jamais de rédiger des lettres incendiaires contre la France. En a t-il profité en risquant sa vie ?

Certains vont me parler de conviction. Oui je suis d’accord. Et après, on mange quoi ? On paie le loyer, les factures et on développe nos projets avec quoi? Avec les grosses promesses ? En Afrique, pendant qu’on pense qu’on a tout son temps pour réfléchir, en face, on agit, on finance et le reste suit.

Non, les 3000 jeunes de Montpellier ne sont pas tous des traitres

Pour répondre à notre question du jour, non les 3000 jeunes qui se sont rendus à Montpellier ne sont tous pas des traitres. Quelques-uns parmi eux pensent que « si nos chefs d’Etat ne nous aident pas à nous débarrasser de ce colon, s’ils ne prêtent pas attention à nos batailles, s’ils s’engraissent grâce à lui, pourquoi pas nous ? ».

La preuve, combien ont demandé l’aval de nos dirigeants pour se rendre à Montpellier ? Combien de dirigeants africains se sont opposés à cette messe qui perpétue la colonisation ? La faute à qui ?

Je vois mal les autorités, l’opposition et la société françaises admettre que leurs jeunes aient une pareille rencontre avec un Chef d’Etat Africain dans une ville africaine, sans leur présence. Ce n’est même pas envisageable.

Ce qui veut dire qu’il y a une faille quelque part. Ceux qui sont censés nous protéger contre la prédation occidentale ne le font pas. J’ai même envie de penser qu’ils sont de mèche. Sinon comment comprendre qu’aucun d’eux ne s’est ouvertement opposé à cette messe de formatage de cerveaux ? Qu’est-ce que, nous jeunes Africains opposés à ce genre d’initiative devons comprendre ? Qu’on devrait poursuivre le combat pour la souveraineté africaine sans véritable boussole ?

Didier Ndengue         

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