Le président sortant du Syndicat National des Journalistes du Cameroun craint que ce qu’il a bâti pendant six ans ne s’effondre comme un château de cartes entre des mains inexpertes.
Dénis Nkwebo, président du SNJC
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Le président sortant du Syndicat National des Journalistes du Cameroun craint que ce qu’il a bâti pendant six ans ne s’effondre comme un château de cartes entre des mains inexpertes.

C’est un président fier qui passera le témoin au soir du 25 juin 2022. Avec un sentiment du devoir accompli, Denis Nkwebo va donner son onction à son successeur. Celui-ci devra poursuivre le noble combat engagé depuis 20 ans par les pères fondateurs du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC).

A dix jours du congrès électif du syndicat, une seule tête de liste est sortie du laboratoire ce mercredi 15 juin 2022. C’est Mathieu Nathanaël Njog, qui se positionne comme «le candidat de l’action syndicale de terrain». Ses adversaires sont encore dans l’ombre.

Depuis la convocation du congrès électif, des voix se sont élevées pour apporter leur soutien ou critiquer le choix du président sortant qu’il n’a pourtant pas encore dévoilé. Sa sortie de dimanche 12 juin 2022 sur le plateau de ‘’Face à l’actualité’’ diffusée sur les antennes de STV a mis le feu aux poudres. A la question de Dipita Tongo de savoir s’il a une préférence en terme de succession à la tête du SNJC, Denis Nkwebo rappelle que «lorsque nous sommes arrivés à la tête du syndicat, on a communiqué à tous les membres nos objectifs. L’objectif stratégique, c’était de former au moins 50 dirigeants syndicaux. Aujourd’hui sur les dix sections régionales, seulement les membres des bureaux sont plus de 200, sans compter ceux qui n’ont pas vu leur mandat être renouvelé. Si on prend ceux des anciens bureaux, on a plus de 300 qui sont potentiellement dirigeants».

Suspicions

Dans le bureau exécutif national actuel, le président sortant reconnait qu’il y a des ressources plus expérimentées que lui. Parmi lesquelles Hilaire Ham Ekoue, actuel vice-président du SNJC qui «est mon enseignant du syndicalisme». Derrière cette déclaration, certains camarades voient en Hilaire Ham Ekoue un potentiel dauphin de Denis Nkwebo.

Des thèses de confiscation de l’organisation sont soulevées dans les coulisses, alors que le président sortant ne cesse de rassurer que seuls les délégués seront habilités à choisir le futur dirigeant du SNJC. «Il n’y aura pas de liste consensuelle. Tout se déroulera dans les urnes», insiste le journaliste d’investigation, qui tient absolument à ce que son remplaçant fasse mieux que lui.

Même au plus fort des crises sécuritaires, manipulations et tentatives de déstabilisation auxquelles le Cameroun est exposé ces dernières années, le SNJC sous l’actuel exécutif est resté égal à lui-même. Sa mission première étant la protection des journalistes camerounais.

Le président sortant le rappelle à tous les coups : «Le SNJC est une organisation en lutte » et non «une organisation à la solde d’un groupuscule». A l’en croire, son vœu le plus cher est que celui qui prendra les rênes le 25 juin n’ouvre pas les portes du SNJC aux mercenaires de la liberté d’expression ou groupes d’influence endogènes ou exogènes. Pendant son bail, Denis Nkwebo affirme n’avoir jamais sollicité un soutien financier d’une organisation étrangère. Sa plus grosse crainte étant que le SNJC ne soit pas utilisée pour des luttes contre-nature ou ne devienne « un syndicat dans la mallette, de la rue Mermoz ou du Hilton».

Didier Ndengue   

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