Ce papier est le troisième d’une série de trois articles consacrés à ‘un an du retour de Gbagbo en Côte d’Ivoire.’
Retour en Côte d’Ivoire-un an déjà/Gbagbo tue la lutte
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Ce papier est le troisième d’une série de trois articles consacrés à ‘un an du retour de Gbagbo en Côte d’Ivoire.’

Papiers précédents:

Papier 1— Retour en Côte d’Ivoire—un an déjà/Retour sur les grands moments du procès Gbagbo à la CPI

Papier 2— Retour en Côte d’Ivoire—un an déjà/Des soutiens qui ont mis en lumière l’incarcération injuste de Gbagbo

La mobilisation à travers le monde en soutien au Président Gbagbo depuis son kidnapping le 11 avril 2011 jusqu’au 17 juin 2021 date de son retour en Côte d’Ivoire était presque une première dans le monde. Tout le monde attendait qu’il apporte un souffle nouveau au panafricanisme après sa conquête de la démocratie(?) et sa victoire sur les impérialistes rassemblés à la CPI. Mais Gbagbo en un an a géré des inutilités qui ont massacré les attentes.

Simone crée et entretient le mythe Gbagbo

Pendant sa décennie de détention, ses amis, son épouse Simone Ehivet Gbagbo, et des anonymes ont tout fait pour garder vivace ses œuvres et sa mémoire. Des livres sont publiés pour contrer la littérature mensongère des impérialistes et leurs agents. Des posters à son effigie règnent dans les rues Occidentales—particulières dans celles de la France, de La Hayes, de Belgique, et des Etats Unis. Ils sont présents dans les grands parlements Occidentaux, envahissent les salles de conférence, et de concert. Simone Ehivet Gbagbo a la barre pendant son propre procès, défend son époux. Sortie de prison, bien qu’interdit de voyage et ne pouvant rencontrait les leaders étrangers, elle ne cesse de parler de lui dans ses conférences, meetings, interviews et autres grands rassemblements. Un discours pour sensibiliser l’opinion afin que son époux ne tombe pas dans les oubliettes.

Dans toutes ses prises de paroles elle parle de la cause des Ivoiriens et des Africains dont son époux défendait. Ses interventions, ses prises de position en faveur du Président Gbagbo, et l’engagement des panafricains et Ivoiriens de bonnes souches, scellent le Woody dans les mémoires collectives, et fait de lui, cette icône de la souveraineté, de l’indépendance, et de la liberté, à laquelle des personnes au cerveau en bonne santé—peu importe leurs origines, leurs races, leur conviction religieuse, et politique—s’identifient.

Dans l’ensemble, Simone Ehivet Gbagbo a créé le mythe Gbagbo avec la fondation du FPI et l’a entretenu jusqu’à ce qu’il sorte de prison.

Atterrissage raté

Ceux qui ont sponsorisé le voyage retour de Gbagbo ont fait une sortie de piste. Ils voulaient profiter du fruit du travail des personnes désintéressées qui se sont battues uniquement pour la restauration de leur pays. Au nombre des ‘profito-situationnistes,’ des agents à la solde de Nadiani Bamba, la ‘nurse’ dépêchée auprès de Gbagbo. Leur objectif, récupérer à terme le FPI-GOR par l’aile Nordiste et ses satellites au sein du parti. Justin Katinan serait—selon certains dans cette période de grand flux d’information—, l’idéologue de cette tendance en réflexion depuis 2012-2013. Constituée essentiellement de la branche Bruxelloise du FPI-GOR et sa section du Ghana, leurs ouailles ont infiltré tous les cercles de réflexion sur l’organisation du retour de Gbagbo, confisqué le protocole, et semé le désordre qui a été servi au monde à l’aéroport Felix Houphouët Boigny.

Comme des gamins, chacun voulait se faire remarquer par la femme à la ‘longue robe blanche,’ la commandant en chef Nadiani, l’‘aide-soignante’ de Gbagbo, qui aurait selon certaines sources scénarisé ce brouhaha. Stéphane Kipré, patron de l’Union des Nouvelles Générations (UNG) que certains estiment moralement peu fiable, s’était reconverti en ‘gros bras,’ et ‘coksaire’ en chef dans le protocole. Tout ce cafouillage a montré que Abdourahmane Sangaré n’était plus de ce monde.

Zèle outrancier de l’infirmière

Les petits gestes de main de Gbagbo à l’endroit de Simone Ehivet Gbagbo ou pas, qui ont eu une multitude d’interprétations ne sont pas assassins. En revanche, Nadiani Bamba, la porteuse de cache museau à son ‘patient,’ serait—pour ceux qui ont mis entre parenthèses ces ‘gestes de main’ difficilement qualifiables—le ‘caillou’ que le Woody aurait dû ou devrait ‘contourner’ ou ‘sauter.’ Ils lui reprochent depuis son ‘retour-accompagnement’ en Côte d’Ivoire son zèle outrancier. Certaines sources, lui attribuent un filtrage excessif et partial l’accès à son domicile de toutes les relations de sang ou politique de Gbagbo. Les petits-enfants de ce dernier, ou Linda Kouassi, son ex-ministre qui lui aurait sauvé la vie en 2000 en le cachant dans le coffre de son véhicule, auraient été pris dans la trappe de la ‘petite femme’ de Gbagbo. Il y a pire. Son injonction, ‘qu’elle salue et qu’elle parte’ destinée indirectement à Simone Ehivet Gbagbo le 17 juin 2021 à l’aéroport Houphouët Boigny. Ces faits ont laminé complètement le Woody de Mama dans le cœur de ses admiratrices et soutiens.

Gbagbo tue Mandela

Si le Sud-Africain Nelson Mandela pouvait être heureux et se réjouir d’avoir recouvré la liberté, sa sortie de prison n’était pas gaie sur le plan familial. Ses relations avec Winnie Mandela, torpillées par la police raciste Sud-Africaine s’étaient détériorées, et conduiront au divorce. Mais Mandela ne l’avait jamais laissée tomber. Il la soutenait. Dans ses lettres (Les lettres de prison de Nelson Mandela, Ed. Robert Laffont, Paris, 2018) aux dirigeants racistes, il leur demandait de laisser sa femme mener une vie normale. En semant la discorde entre les Mandela, la police et le gouvernement racistes Sud-Africains cherchaient à briser la lutte du peuple Sud-Africain.

Après 27 années et 190 jours de prison, Nelson Mandela qui avait été condamné à la réclusion à la perpétuité au plus fort de la période de ségrégation raciale, ne tombe pas dans le piège de la discorde familiale lorsqu’il retrouve la liberté le 11 février 1990. Il offre à la foule immense qui l’attendait exactement comme ce fut le cas pour Gbagbo le 17 juin 2021 un spectacle inoubliable. ‘Mandela sort de prison la main dans la main avec son épouse Winnie.’ Ils franchissent la porte de la prison Victor Verster. Montent dans la voiture qui les conduit au Cap. Là-bas, à la Mairie, une marée noire humaine les attend. Ils prennent un bain de foule—à pied.

Ce film a marqué définitivement l’Histoire. Il symbolise l’attachement, l’amitié, et la reconnaissance de Nelson Mandela à celle qui, malgré ses défauts a partagé sa vie, sa lutte, et porté haut son nom de jusqu’à sa sortie de prison. Exactement ce que Simone Ehivet Gbagbo a été pour Gbagbo.

Simone Gbagbo trahie

Malheureusement, Gbagbo n’a pas suivi les pas de Mandela. Il n’a pas honoré Simone Ehivet. Il n’a pas salué la bravoure de cette combattante comme le monde entier attendait. Il n’a pas pensé au soutien de cette résistante dans les derniers jours du bombardement de leur résidence Présidentielle par les impérialistes sur commande du ‘demi-homme’ Sarkozy. Il n’a pas pensé aux paroles encourageantes de l’Aigle Royal Simone Ehivet dans leur chambre-prison du Golf Hôtel alors qu’il était perdu, confus, sous les projecteurs des caméras diffusant des images insoutenables d’eux dans le monde. Quel que soit le crime de Simone Gbagbo, il aurait pu s’éviter un tel scandale…‘Tous ceux qui ont comparé Gbagbo à Mandela ont eu tout faux.’ Cet égoïsme de Gbagbo lui a fait perdre de l’estime. En revanche, Simone Ehivet gagne un capital de sympathie.

Reconversion incertaine

La précipitation du Président Gbagbo à poser certains actes dès sa sortie de prison, a fait penser à un être conditionné. Une personne sous pression répondant aux injonctions à satisfaire un calendrier dans une fourchette de temps recommandée au risque d’endurer de pires conséquences. Trois jours après son arrivée en Côte d’Ivoire, il quitte l’Eglise Evangélique et réembrasse le Catholicisme le 20 juin 2017. La Cathédrale Saint-Paul d’Abidjan est retenue pour l’accompagner dans cette transhumance spirituelle. A l’occasion, les patrons de l’Eglise Catholique ferment les yeux sur le non-respect de la Constitution et des normes du Catholicisme qui éditent la pratique de la monogamie et de la ‘pureté’ sexuelle.

Avant ce ‘non-événement’ pour les uns, une ‘mascarade’ pour d’autres, et une ‘sommation’ du Vatican pour certains, l’‘ancien-nouveau’ Catholique Gbagbo et son ami le Cardinal Jean-Pierre Kutwa, son ‘Jean-le-Baptiste,’ ne se sont pas posés de questions sur les raisons de la mort brusque le 8 décembre 2012 de l’Indien Ambroise Madtha, Nonce Apostolique en Côte d`Ivoire. Ils ne se sont pas demandé pourquoi Ambroise Madtha qui revenait d’Odienné (Nord-Ouest) de la Côte d’Ivoire, où il avait procédé à des ordinations, est mort violemment ce jour dans un accident de circulation à Gueupleu, village situé à 8 km de Man (Ouest du pays), alors qu’il devait dire des messes le lendemain 9 décembre à Duékoué. Une autre ville de l’Ouest, théâtre de massacres des criminels de Ouattara-Soro, lorsque Ouattara a refusé de reconnaître la victoire de Gbagbo après la présidentielle de 2010. Une chose est certaine, la France (l’Europe), les Etats Unis, et le Vatican (à travers les rapports de Madtha), avaient fait front contre Gbagbo.

Le Président Gbagbo en réembrassant le catholicisme accomplissait un des vœux des impérialistes Français. Ces derniers avaient tout fait pour le séparer des Evangélistes très indépendants, contrairement aux Catholiques excessivement soumis à l’ordre colonial, et qui participent activement à la recolonisation de l’Afrique, tout en militant pour la dépravation des mœurs dans le monde.

Après cette reconversion au Catholicisme (20 juin 2017) juste trois jours après avoir foulé le sol Ivoirien (17 Juin 2021), il engage une demande de divorce (21 juin 2017). Rencontre avec Ouattara (27 juillet 2017). Abandon du FPI à Affi N’Guessan (9 août 2017). Création du Parti des Peuples Africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI, 12 août 2017).

Cet enchaînement des faits a poussé certains curieux à se demander si Gbagbo est sorti de prison libre ou s’il est libre sous un joug conditionnel. Les Occidentaux ont sûrement donné à la Côte d’Ivoire le cabri en retenant la corde.

Créer des ennemis

Ceux qui cherchent à isoler Gbagbo pour mieux l’abattre agissent sur plusieurs terrains. Pendant qu’ils construisaient une barrière entre lui est la Première Dame Simone Gbagbo, ils avaient ouvert un autre front contre Charles Blé Goudé. S’attaquer à ces deux piliers du combat politique de Président Gbagbo en l’absence de Sangaré, c’était bien penser pour l’isoler.

Charles Blé Goudé est la cible à abattre pour deux raisons majeures. Première raison, son refus de dissoudre son parti, le Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des Peuples (COJEP) pour fondre dans le PPA-CI. Seconde, son rejet de faire de Simone Ehivet Gbagbo son ennemi. Ces attaques commandées par le petit noyau qui dirige le PPA-CI et qui échappe à Gbagbo, avait obligé Blé à sortir de sa réserve. ‘Je ne suis pas ta marionnette. Oui, je l’ai dit, et je l’assume totalement: “Je voudrais un jour être président de mon pays.” Mais ça, ce n’est qu’une ambition qui ne saurait être au-dessus de mes valeurs et mes principes. En conséquence, je ne marchanderai rien pour une ambition. Bien au contraire, je me battrai avec dignité pour y arriver. Est-ce que c’est clair? Etre proche, ou être dans l’estime d’un leader ne vous donne pas droit de vie ou de mort sur moi. Retenez-le très bien! S’il y en a qui l’acceptent, moi je le REFUSE.’ Cet extrait tiré de son compte Facebook le 23 mai 2022 répondait à un de ses détracteurs qui l’aurait appelé le 20 mai 2022. Sur le silence qui l’a toujours caractérisé face aux agressions verbales du camp de Nadiani caché sous le label PPA-CI, il écrit. ‘Par le passé, je me gardais de vous répondre pas par peur, juste par décence. Je ne suis pas votre obligé, ni à votre service encore moins votre pantin.’

La dernière partie de son texte semble viser son mentor Laurent Gbagbo. ‘Toi, tu es rentré au pays, tu te la coules douce, moi je suis encore bloqué ici à La Haye, dans les griffes de l’administration de la CPI et d’un système sans visage, attendant un passeport depuis un an bientôt et toi sans gêne tu me fais passer pour le mauvais. Un jour, je dirai ma part de vérité aux Ivoiriens. Je ne suis pas pressé.’ Mais lors d’une activité politique le 28 mai 2022 dénommée ‘Face au miroir,’ dont le but est de répondre aux questions des militants et sympathisants du COJEP, Blé lève toute équivoque. ‘Je le dis tout de suite, ce n’est pas du Président Gbagbo lui que je parlais. Personne ne m’opposera au Président Laurent Gbagbo.’ Ce débroussaillage de Blé indique que Gbagbo est très mal entouré. Le mal pourrait être dans le lit.

Divorce aux conséquences politiques certaines

Le 21 juin 2021, Laurent Gbagbo ‘annonce qu’en raison du refus réitéré depuis des années de dame Simone Ehivet de consentir à une séparation amiable…il s’est résolu à saisir ce jour le juge des affaires matrimoniales du tribunal de première instance d’Abidjan d’une demande de divorce.’ Informe un communiqué de Me Claude Mentenon. Une séparation à l’amiable aurait pourtant représenté la ‘voie de règlement appropriée à leurs statuts personnel et politique réciproques.’ Poursuivit-il. Si ce divorce est la conséquence, selon le Président Gbagbo, ‘du refus réitéré depuis des années de Dame Simone Ehivet de consentir à une séparation à l’amiable,’ et si pendant des années il a géré ce ‘refus,’ autre chose explique cette précipitation à se séparer de Simone Gbagbo quand on sait qu’elle pesait à elle seule selon les sources internes du FPI 45 à 50% du corps électoral du FPI. C’est donc à raison si certains cadres du FPI-GOR réagissant à cette demande de divorce se sont écriés, ‘Gbagbo nous a tué!’

Alors, les analystes sont curieux de savoir la nature du pacte que le Woody a signé à son acquittement. Et pourquoi la femme à la ‘longue blouse blanche’ qui était si discrète est apparue subitement dans ses pattes et agit avec arrogance.

PPA-CI au creux de la vallée

‘Asseyons-nous et discutons’ est de Gbagbo. Pourtant, il n’a pas appliqué cette sagesse avec Affi N’Guessan pour récupérer le FPI ne serait-ce qu’en mémoire de Sangaré. ‘Aujourd’hui, je suis revenu de prison, il nous faut avancer. Je propose: laissons Affi avec l’enveloppe qu’il détient. Nous allons baptiser le FPI autrement. Nous allons continuer à lutter. Le FPI, c’est nous. Nous allons changer de nom. C’est tout.’ C’est avec ces phrases lapidaires prononcées le 9 août à la tribune du Palais de la Culture, que Gbagbo a anéanti un parti de combat—dont l’évocation seul du nom faisait réfléchir l’adversaire politique.

Pression interne au FPI et/ou menaces extérieures, les analystes pensent que c’était le meilleur moyen pour lui de contrer son épouse Simone Ehivet Gbagbo qui conserve une très grande influence politique et une très grande popularité en Côte d’Ivoire. Ceci afin de satisfaire certaines exigences obscures. En 2018 la pression l’avait amené à refuser à Simone Gbagbo de prendre l’intérim à la tête du parti à la mort suspecte de Aboudramane Sangaré, numéro deux du parti. Simone Ehivet, femme de combat et non seulement des couches, ne lui en avait pas tenu rigueur. Elle continuait à appeler à son retour. ‘Notre Voie’ du 7 Juillet 2021 écrit. ‘Vingt jours après, les scènes jugées humiliantes à son encontre à l’aéroport lors de l’arrivée de son futur ex-époux, le 17 Juin dernier [2021] et la médiatisation que celui-ci a donné à sa demande de divorce d’avec elle quelques jours plus tard, la première Vice-Présidente du FPI-GOR, Simone Gbagbo appelle ses “frères et sœurs” à avancer en fixant les “yeux sur la vision” et non, sous-entendu, sur un homme.’

Si le FPI avait survécu, les saprophytes qui se sont agglutinés au sein du PPA-CI seraient dans l’ombre. Le culte du chef Gbagbo qu’ils développent au point de confondre ‘vision’ et ‘porteur’ n’aurait pas éclos. Simone leur aurait rappelé que ‘Notre vision commune’ est celle ‘d’une nation forte et souveraine, d’une nation réconciliée, moderne, prospère et ouverte, d’une nation remplie de justice et d’équité’ dont ‘le Président Laurent Gbagbo l’a portée avec un brio inégalé.’  Distinguant par-là ‘vision’ et ‘porteur’ de vision.

Bataille brisée

Ehivet et Gbagbo dans un même parti, la bataille pour la souveraineté de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique aurait eu lieu. Le vent du panafricanisme allait souffler sur leur pays et nettoierait les pays environnants de la peste Française. Affi n’était peut-être pas le problème fondamental. Mais le bouc-émissaire malgré sa responsabilité dans la chute du parti à cause de sa concussion à Ouattara. Il a été comme Nadi des pions utilisés par des mains obscures pour freiner la libération du Continent. En définitive, le PPA-CI sans Simone Ehivet n’arrive pas à imprimer ses marques. Son implantation bégaie. Ses cadres se contentent de leur poste. Ce parti qui pourrait être une ‘enveloppe vide’ si Gbagbo ne mouille pas le maillot.

Retrait des media

S’adressant au juge de la Cour pénale internationale (CPI) le 2 février 2013, le Woody a déclaré. ‘J’ai lutté pour la démocratie et c’était au moment où je ne savais même pas que le mur de Berlin allait s’écrouler. Nous ne savions pas ça. Donc on luttait avec un courage, mais on était convaincu que nous même on n’allait pas voir la démocratie triompher. Et le mur de Berlin s’est écroulé, et ça nous a aidés à gagner la victoire du multipartisme et au niveau de la démocratie.’

Les media s’étaient mobilisés pour accompagner l’ex-président-fondateur du FPI et son épouse Simone Gbagbo dans la suite de leur bataille pour la reconquête du pouvoir, après la prison. Mais sa demande de divorce sans une stratégie politique prospective l’a déconnecté des instruments de communication fiables. Les plateaux préparés, les émissions concoctées, les papiers élaborés, sont restés dans les tiroirs ou en état de projets déclassés.

Procédure judiciaire oubliée

Le Président Gbagbo avait été acquittés par la Cour Pénale Internationale le 19 janvier 2020. Un peu plus d’un an et demi, ses avocats ont déposé une requête le 19 juillet 2021 puis une seconde, au Bureau des juges de la CPI afin qu’il soit créé une base de données publique consultable par tout le monde et qui devrait comprendre tous les mails, toutes les décisions prises et ou rendues dans le cadre de son procès. L’objectif de Me Altit et son équipe était de démontrer que leur client n’est pas le dictateur, le sanguinaire, le tueur des Nordistes pour se maintenir au pouvoir, comme il avait été présenté par les media-mensonges Occidentaux, Français en particulier, et leurs relais endo-colons sur le Continent.

La Chambre de Première Instance VII présidée par la juge Canadienne Kimberly Prost, avait été constituée pour juger et trancher cette affaire. La Chambre dans sa décision rendue le 13 avril 2022 explique. ‘La Chambre note que la Chambre de Première Instance I a utilisé des procédures plus informelles pour maintenir un compte rendu de ces décisions et, par conséquent, il y a des limites à ce qui peut être reconstitué à cette étape, compte tenu notamment des contraintes de ressources. La Chambre note que si la pratique consistant à placer les décisions rendues par courrier électronique dans le dossier public est préférable, elle n’est pas une exigence en vertu du régime législatif de la Cour.’ Par conséquent, elle a rejeté les arguments de la Défense du Président Gbagbo. ‘Au terme de ces consultations, la Chambre instruit le régisseur à l’effet de soumettre d’ici quelques mois la version publique de la liste proposée pour approbation par la Chambre par ces motifs, la chambre par la présente, rejette la première demande, ordonne au Greffe et aux parties et participants de procéder conformément aux paragraphes 22 et 23 ci-dessus; et rejette le reste de la deuxième requête.’ Mais une autre décision pourrait être rendue le 30 juin 2022.

Cette affaire est passée sous silence. Pas d’écho. Pas de mobilisation de foule. Pas de couverture médiatique. Un des signes qui prouve que le président (?) du PPA-CI à travers ses premiers actes après la prison, s’est éloigné de la masse—la force qui donnait du jus aux media, toutes tendances éditoriales confondues.

Pèlerin de Biya

Si Gbagbo avait bien négocié sa sortie de prison, il serait devenu l’homme politique le plus consulté en Afrique après le Président Camerounais Paul Biya. Le Woody aurait été sur le champ de la diplomatie visible contrairement au Président Biya qui excelle dans la diplomatie silencieuse et discrète. Il aurait formé avec le Patriarche Camerounais un couple de négociateurs de feu. Il aurait pris en main les dossiers médiatisés ou à médiatiser que Paul Biya lui confierait.

Il aurait été une pièce maîtresse dans la résolution des crises comme celle du Mali ou des conflits à l’instar de celui qui déchire l’Est de la RDC. Il aurait mis à la retraite le farceur Jonathan Goodluck. Gbagbo serait devenu un pèlerin de la paix. Mais pour une banale question de ‘caleçon,’ lui, qui a ‘lutté toute sa vie pour la démocratie’ et enseigné au monde entier qu’on ‘ne gouverne pas avec sa famille,’ a grillé ses cartes. L’Histoire pourrait retenir que le merveilleux parcours politique et humain du Président Gbagbo avait été entaché par une ‘affaire de string.’ A moins que…

Confiant dans l’avenir

Avant le 11 avril 2011, Me Verges a rencontré le Président Gbagbo. Il lui a dit. ‘Comment voulez-vous que cette équipe à Paris vous reconnaisse? Jusqu’à présent, ils avaient affaire à des Nègres blancs. Monsieur Gbagbo, vous avez fait vos études à Abidjan. Vous êtes professeur d’histoire. Vous avez été foutu en taule par le gouvernement de M. Houphouët dont le Premier ministre s’appelait Ouattara. Vous parlez un langage qui n’est pas le langage qu’ils ont. “Oui, Monsieur. Non, Monsieur. Parfait, Monsieur.” Donc vous êtes suspect. Ils veulent un Nègre blanc et vous n’êtes pas Blanc, c’est terrible!”  Au cours de cette rencontre, le Président Gbagbo a déclaré, ‘qu’il se considérait comme normalement élu, qu’il ne cèderait pas, qu’il ne reconnaîtrait pas un pouvoir illégal, et qu’il était confiant dans l’avenir.’

Le Woody n’a pas plusieurs options pour réécrire son Histoire. Il devrait briser les compromis et les pactes. Exploiter l’avenir pour corriger les ‘erreurs.’ Reconnaître avec tout le monde que Simone Ehivet Gbagbo est l’architecte du mythe Gbagbo.

Feumba Samen

Pour aller plus loin. Lire,

1—Feumba Samen, ‘Les guerres secrètes antiGbagbo’ Paris, La Doxa,

2—Feumba Samen & Anne-Marie Chône Abi, ‘Pensée philosophique et politique de Gbagbo—Citations, Analyses, Réflexions, et Paroles Fortes,’ Paris, La Doxa.

Anne-Marie Chône Abi, patriote-résistante très discrète est décédée le 9 octobre 2020 à Daoukro d’un arrêt cardiaque. Victime du système hospitalier désuet de Ouattara Alassane.

Pour en savoir plus, lire,

‘Côte d’Ivoire—Décès de Abi Chône Anne-Marie, patriote-résistante humaniste,’ https://lynxtogo.info/cote-divoire-deces-de-abi-chone-anne-marie-patriote-resistante-humaniste-par-feumba-samen/ ou https://237infos.net/cote-divoire-deces-de-abi-chone-anne-marie-patriote-resistante-humaniste/

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