A l’initiative du GIC Sawa O Panya, une cinquantaine d’enfants de ce petit village situé dans l’arrondissement de Douala 5ème ont appris, du 17 août au 18 septembre 2020, les bases de la langue et culture Sawa.
Les apprenants de la langue Duala pendant l'hymne national le 18 septembre 2020
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A l’initiative du GIC Sawa O Panya, une cinquantaine d’enfants de ce petit village situé dans l’arrondissement de Douala 5ème ont appris, du 17 août au 18 septembre 2020, les bases de la langue et culture Sawa.

Charlotte Mbango Ndoumbè, 12 ans, est toute joyeuse ce 18 septembre 2020. Elève en classe de 5ème, l’adolescente est contente d’avoir participé à la formation sur le Duala, une langue de la côte, initiée dans le petit village de Banguè, du 17 août au 18 septembre 2020 par Princesse Hermine Vanessa Essiben, promotrice du GIC Sawa O Panya. « J’ai appris beaucoup de choses en Duala, comme les parties du corps, les chansons et comment se présenter devant les gens », se réjouit l’apprenante.

Comme Charlotte Mbango Ndoumbè, près d’une centaine d’enfants de cette localité ont pris part à la séance d’initiation à la langue Duala. « Nous avons débuté avec deux apprenants, à la fin, nous nous sommes retrouvés avec une cinquantaine », explique Massango Lottin, encadreur.

Pour cette première expérience, les cours se sont déroulés dans l’enceinte de l’Eglise évangélique du Cameroun, paroisse de Banguè. Ils étaient ouverts aux enfants âgés entre 5 et 17 ans. Les volontaires y ont appris les sept jours de la semaine, les douze mois de l’année et les différentes parties du corps en langue Duala. L’histoire des « kaba » et des foulards portés par le peuple Sawa leur a également été contée. L’expression, la lecture, et les louanges en langue Duala ont bercé la formation. « Le prolongement et la clôture de cette activité aura lieu en décembre. Les enfants ont assimilé au moins 70% des enseignements reçus », acclame un encadreur.

Les secrets des langues

La première classe était réservée aux enfants âgés entre 5 et 9 ans et la seconde à ceux âgés entre 10 et 17 ans. Annie Gertrude Eyoum en a profité pour envoyer ses deux pour corriger ses erreurs parentales. « A l’étranger ou à la maison, je ne pouvais pas donner un secret devant tout le monde en français. Cette formation m’a beaucoup motivé. Depuis le début de cette formation, ma fille me salue en Duala tous les matins. Avant, elle le faisait en français. Elle connait déjà des devinettes et jeux en Duala ». Elle s’en veut de n’avoir pas initié ses enfants à sa langue dès le bas âge. « Mon fils m’a demandé un jour, maman pourquoi tu nous parles toujours le français ? Je n’ai pas pu répondre ». Désormais ambassadrice des langues nationales, Annie Gertrude Eyoum invite les parents Camerounais à apprendre les langues nationales à leurs enfants dès la maternelle.

Au niveau du gouvernement, presque toutes les conditions sont réunies pour l’apprentissage des langues nationales à l’école. « Il s’agit effectivement d’un programme nouveau qui est dans le système de l’éducation de base du Cameroun. L’Etat a trouvé important d’introduire l’apprentissage des langues nationales dans le système éducatif camerounais », explique Massango Lottin. Dans la région du Littoral, deux langues ont été retenues pour être enseignées aux apprenants : le Duala et le Bassa. « Parce que l’Etat a compris qu’un peuple sans culture, est un peuple mort », croit savoir Massango Lottin.

Le rythme est lent

Toutefois, des difficultés perdurent depuis la mise en place de cette nouvelle politique de l’éducation de base qui prend également en compte les malentendants. « Les signes c’est la langue naturelle des malentendants. On leur enseigne la langue des signes français pour que le langage soit conventionnel, pour que les sourds de n’importe quelle partie du Cameroun puissent comprendre », explique Mireille Kabamba, responsable des signes durant la formation de Banguè.

Dans le registre des difficultés évoquées plus haut, les encadreurs constatent que les manuels scolaires en langues nationales se raréfient, alors que plusieurs enseignants ne sont pas encore au top. « Même au niveau de l’éducation de base, il y a encore de la difficulté à avoir un manuel adapté », regrette M. Lottin, qui a opté pour l’éducation participative. « Nous communions avec les enfants, ils nous ramènent ce qu’ils ont et nous essayons d’améliorer.»

Didier Ndengue  

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