Le RDPC à l'épreuve de la décentralisation au Cameroun
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Les maires et les conseillers régionaux sont attendus au pied du mur. Pour réussir le développement local promis aux populations, ces élus du parti au pouvoir doivent bénéficier du soutien et de la confiance de leurs camarades.

Le Cameroun est gouverné par les élus du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Le parti de Paul Biya, Président de la République, a tout raflé lors des dernières élections municipale, législative et régionale. Il dirige la plupart des mairies d’arrondissements, les mairies de villes et les conseils régionaux. Avec une telle razzia, le développement local devrait suivre.

Tous les patrons des structures citées supra et leurs collaborateurs émanent de la volonté du directoire du parti.

Cependant, un constat se dégage dans les grandes villes contrôlées par le parti des flammes : les élus locaux, pourtant dotés d’une expérience avérée selon les ambitions du parti, sont freinés au quotidien par certains camarades véreux, qui auraient souhaité être à leur place, bafouant ainsi la discipline du parti, si chère à leur Président national. Une situation qui n’augure pas des lendemains meilleurs pour la décentralisation dans notre pays. Le Comité central est donc invité à recadrer ceux qui représentent un caillou dans la chaussure de ses choix.

« Les pouvoirs du Maire de la ville ou du Président du conseil régional ne dépendent pas du parti, mais du code général des Collectivités territoriales décentralisées », explique le professeur Alphonse Bernard Amougou Mbarga, maître de conférences en science politique à l’Université de Douala.

L’universitaire de renchérir: « Toutefois, dans le cadre du Conseil municipal ou du Conseil régional, les militants du parti peuvent mettre en difficulté l’exécutif local ou régional». Ce qui serait le cas actuellement dans plusieurs régions du Cameroun.

Pour permettre aux maires et aux conseillers régionaux de mener à bien leurs missions, le Pr Amougou préconise l’intervention de la hiérarchie du parti. « Il appartient au parti politique de faire jouer la discipline du parti pour faire régner la sérénité au sein du conseil », conclut-il.

Ranger les longs couteaux

La discipline du parti est une position commune imposée aux membres d’un parti politique. La bafouer mérite des sanctions exemplaires ou des blâmes.

Les choix du Comité central, censés être sacrés, sont régulièrement moqués et boudés dans nos régions. Ces derniers subissent cette indiscipline en douce, sans pour autant la dénoncer dans les médias. Les candidats déchus doivent enterrer la hache de guerre et ouvrir les portes au développement local. Rappelons que c’est le Comité central qui choisit ses élus locaux, en fonction de la vision globale du directoire du parti.

Didier Ndengue

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