"J'ai été silencieux toute la journée d'hier, tout simplement parce que c'était le 20 mai ! Le 20 mai 1972 est la journée pendant laquelle la plus grosse escroquerie intellectuelle a été organisée au Cameroun"
- Advertisement -

Noé Adolin MBOG, Ingénieur du Génie Civil, Théologien et passionné de la vérité des faits historiques. Il représente cette génération des Camerounais qui, enfants, a vécu la répression au lendemain de l’indépendance du Cameroun. Les couvre-feux de 6 à 6 avec les Touperé qui semaient la terreur dans les quartiers, il a connu.  Les laissez-passer pour circuler de département en département, il a connu.  L’exigence de la carte de l’UNC, parti unique, lors des contrôles d’identité il a connu….

Noé Adolin MBOG n’est membre d’aucun parti politique et tient à rester dans la Société Civile pour garder sa liberté d’expression et de pensée. Il est observateur de la politique Camerounaise et aime analyser les faits politiques, avec passion pour le Cameroun certes, mais grande désolation quand il s’agit des politiques publiques du Cameroun et de la place de l’opposition sur la scène politique.

« J’ai été silencieux toute la journée d’hier, tout simplement parce que c’était le 20 mai ! Le 20 mai 1972 est la journée pendant laquelle la plus grosse escroquerie intellectuelle a été organisée au Cameroun et dans la même journée, une arnaque idéologique a conduit à un lessivage mental, culturelle et historique qui se perpétue depuis bientôt 50 ans !

C’est un jour qui n’aurait jamais dû exister et c’est pour cela que moi, Camerounais, je passe du 19 au 21 mai, chaque année.

Le but de cette manipulation conduit sous les auspices de Ahmadou Ahidjo aidé de Salomon TANDEM  MUNA, fut de déposséder les Camerounais, Francophones et Anglophones, de leurs particularismes et de faire émerger un Camerounais imaginaire, qui soit bilingue sans précision des deux langues, qui soit multiculturel et qui puisse à lui tout seul, être la mémoire de l’histoire du Cameroun.

Les salauds !

Ils ont donc supprimé la fête du 1er janvier 1960, jour de l’indépendance du Cameroun, et ont adopté le 20 mai comme fête nationale ou fête de l’unité nationale.

Mais quelle unité pour un Cameroun qui a toujours connu une grande diversité ?

Tous les pays du monde fêtent leur Indépendance s’ils ont été colonisés, à l’exception du Cameroun.

Des Camerounais ne savent même pas ce qui s’était passé le 20 mai 1972, mais ils se demandent pourquoi les pays de la sous-région célèbrent leur indépendance, mais pas le Cameroun.

Et pourtant le Cameroun a été le tout premier pays parmi les colonies françaises à accéder à l’indépendance.

C’est comme si vous aviez été major de votre promotion, et 12 ans plus tard, alors que vous avez tous vos honneurs de pionnier et de doyen, on vient autoritairement vous dire que vous n’avez jamais été dans cette école !

La date de l’indépendance d’un pays est la date de naissance d’un état, d’une nation. Après on peut coopérer ou être fédéré avec un autre état, et on fête toujours la date de sa propre indépendance.

De même, quand on se marie, l’anniversaire du mariage ne remplace jamais l’anniversaire de chacun des conjoints.

C’est donc le coup que des irresponsables ont réussi au Cameroun, pas falsifier mais effacer l’histoire et ils pensent que notre mémoire deviendrait oublieuse comme par magie.

Je suis donc là, parmi d’autres, pour rappeler que le Cameroun a eu son indépendance le 1er janvier 1960, que pendant 12 ans le Cameroun a célébré son indépendance et que c’est ça la fête nationale du Cameroun.

Je fais partie des Camerounais qui militent pour la suppression de la fête du 20 mai et la réhabilitation de la fête Nationale du 1er janvier, en commémoration de l’indépendance de notre cher et beau pays.

Comment peut-on pendant des décennies diriger un pays avec des mensonges ?

Dans cette arnaque intellectuelle du 20 mai 1972, résident les origines historiques de la guerre du NOSO.

Vouloir gommer les différences dans un pays a toujours été une vaine manœuvre pour s’attaquer à l’identité nationale et culturelle d’un pays. Et comme rien d’autre ne peut remplacer la culture ou l’identité d’un individu, ce sont des mines nationales que l’on pose sur le terrain et qui explosent tôt ou tard.

Il est donc urgent du supprimer la fête du 20 mai, de revenir à la fête du 1er Janvier 1960 pour l’indépendance du Cameroun et à celle du 1er octobre 1961 jour l’indépendance du Cameroun anglophone et la Réunification des états fédérés du Cameroun.

Ce serait réhabiliter la double identité francophone et Anglophone du Cameroun, et le début de solution de la guerre du NOSO ».

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here