Le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) a publié un rapport intitulé « Bois volé, temples souillés ». Un document qui dévoile les conséquences néfastes du commerce du bois sur les forêts camerounaises, au moment où se tient la Conférence internationale sur le climat du 07 au 12 novembre 2021 en Ecosse.
Marché noir : le commerce illégal du bois entre le Cameroun et le Vietnam se porte bien
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Le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) a publié un rapport intitulé « Bois volé, temples souillés ». Un document qui dévoile les conséquences néfastes du commerce du bois sur les forêts camerounaises, au moment où se tient la Conférence internationale sur le climat du 07 au 12 novembre 2021 en Ecosse.     

En prélude à la Cop26 qui se tient en ce moment en Ecosse, le CED a publié une enquête inédite de l’Environmental Investigation Agency (EIA), qui révèle qu’un groupe de sociétés vietnamiennes opérant au Cameroun est au cœur de l’essor du commerce illégal du bois. Selon ce rapport, en 2017 et 2018, la valeur moyenne des exportations de tout le bois du Cameroun était de 21 %. La demande accrue des Vietnamiens, et celle des Chinois, pour les grumes du Cameroun, en particulier le tali et le doussié, a contribué à ramener le Cameroun a son statut d’exportateur de matières premières d’il y a vingt ans.

La destruction des forêts

19 sociétés vietnamiennes opèrent actuellement au Cameroun et se trouvent en majorité aux alentours du port de Douala, pour des raisons logistiques. Selon les estimations d’EIA, 132.000 m3 de grumes, au minimum, ont été exportés du Cameroun vers le Vietnam en violation de l’interdiction partielle d’exportation de grumes entre janvier 2016 et juillet 2020. La réglementation en vigueur au Cameroun stipule que les produits de bois de sciage exportés hors du pays ne peuvent pas dépasser 15 cm d’épaisseur. Or, les Vietnamiens [au Cameroun] scient surtout le bois d’une épaisseur supérieure à 25 cm. La délivrance des lettres de voiture est la principale porte d’entrée du blanchiment de l’exploitation du bois illégal au Cameroun. Selon certains hommes d’affaires vietnamiens, les pots-de-vin pour les grumes de Tali s’élèvent à 916$ US soit 510.000 FCFA par facture et par camion.

Une économie biaisée

Toujours selon l’EIA, les registres officiels du Cameroun révèlent qu’il existe un écart important entre la valeur des produits dérivés que le Cameroun déclare comme étant exportés vers le Vietnam, et celle que le Vietnam déclare comme étant importés du Cameroun. Entre janvier 2009 et décembre 2017, la valeur de l’écart s’est non seulement accrue presque chaque année, mais la proportion de la valeur a aussi été faussement déclarée, de 36% en 2009 à 54% en 2017, avec une moyenne annuelle de 41%. L’écart, qui s’élevait en moyenne à 90 millions de dollars US par an entre 2015 et 2017, indique une énorme perte de recettes fiscales pour le Cameroun.

L’EIA recommande au Cameroun de s’appuyer sur les efforts interinstitutionnels existants pour enquêter et poursuivre les sociétés sous contrôle Vietnamiens; à l’Union européenne, d’augmenter la surveillance du commerce du bois camerounais en utilisant les bases de données; au Vietnam de formaliser, via un protocole d’accord entre le gouvernement camerounais et vietnamien, le partage des données, les enquêtes et efforts de renseignement conjoints, ainsi que la poursuite des criminels forestiers.

Francine Atangana

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