Dans une riche tribune publiée sur sa page Facebook samedi dernier sur « Eco », la nouvelle monnaie ouest-africaine qui verra le jour en 2020, Dolly Afoumba, une jeune combattante du système monétaire colonial en Afrique, note les premières retombées du front anti-CFA.
Dolly Afoumba analyse la nouvelle politique monétaire de la France en Afrique de l'Ouest. Photo : DA
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Dans une riche tribune publiée sur sa page Facebook samedi dernier sur « Eco », la nouvelle monnaie ouest-africaine qui verra le jour en 2020, Dolly Afoumba, une jeune combattante du système monétaire colonial en Afrique, note les premières retombées du front anti-CFA.

Face à la presse samedi dernier en Côte d’Ivoire, Emmanuel Macron et Alassane Dramane Ouattara ont fait des déclarations importantes sur les nouvelles formes de coopération monétaire entre les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et la France. De cette sortie médiatique que les deux chefs d’Etat ont appelé : « reformes historiques du CFA », Dolly Afoumba, une jeune camerounaise basée en Europe, a relevé des points positifs pour la suite de la lutte contre la domination monétaire de la France en Afrique. Pour elle, les combattants anti-CFA doivent se réjouir d’avoir amené « Macron à reconnaitre solennellement que nos fronts anti-Cfa ont donné de sueurs froides à la France et aux dirigeants africains qui sont prêts aujourd’hui à nous montrer une autre image des rapports Afrique-France ».

Emmanuel Macron a reconnu en mondovision que « la France avait effectivement des représentants dans trois instances stratégiques de gouvernance du franc Cfa que sont: le conseil d’administration des banques centrales, le comité politique et monétaire de ces banques ainsi que la commission bancaire de l’union monétaire », écrit Dolly Afoumba. Le locataire du palais de l’Élysée reconnait également que 50% des réserves de change des pays Uemoa sont virées chaque année dans un compte d’opération auprès du trésor public français à la banque de France. « Rappelons que malgré nos discours et les preuves écrites, des grands économistes essayaient de nous prouver le contraire. Même Kaku Nobukpo nous disait qu’au fait ce n’était effectivement que 20% », se souvient-elle.

L’Afrique centrale maintient le suspens

Le remplacement du franc CFA par « Eco » annoncé pour 2020, est une autre forme d’arnaque selon Dolly Afoumba. Pour la jeune femme, seule une rupture totale avec la France peut garantir une prospérité aux pays de la zone franc. « Nous ne saurons baisser la garde face à ces réformes car il en va de l’avenir de notre continent. Nous allons donc bien observer et analyser cette nouvelle monnaie ‘’Eco’’. Malgré qu’il nous sera difficile de prouver toute ingérence impérialiste, c’est-à-dire de convaincre les Africains qui étaient déjà très septiques avec le Cfa malgré toutes les preuves formelles », conclut-elle.

Le 22 novembre 2019 à Yaoundé, les chefs d’Etat de la sous-région Afrique centrale, réunis en session extraordinaire par Paul Biya, président en exercice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), ont décidé d’en découdre avec leur politique monétaire actuelle. Ils ont instruis la Commission de la Cemac et la banque centrale (Beac) de mener des réflexions profondes en vue de la mise sur pied d’une nouvelle monnaie commune en Afrique centrale. L’on attend vivement les retombées de ce travail, pour la libération effective d’une Afrique centrale où, le franc Cfa est un frein à l’économie.

Didier Ndengue
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