Le président de la République centrafricaine s’est exprimé sur les antennes de Rfi et France24 vendredi 15 octobre 2021.
Faustin-Archange Touadera, président de la République centrafricaine face à Alain Foka le 15 octobre 2021. Photo: Rfi
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Le président de la République centrafricaine s’est exprimé sur les antennes de Rfi et France24 vendredi 15 octobre 2021.

Dans un échange de 12 minutes avec Alain Foka pour le compte de Radio France Internationale (Rfi) et France 24, vendredi, le président centrafricain s’est exprimé sans langue de bois sur la coopération entre son pays et la Fédération de Russie.

L’on apprend de cet entretien que, la coopération militaire entre les deux pays prend un tournant décisif après les évènements de décembre 2020. Les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (Cpc) « développée par l’ancien président Bozizé », selon Faustin Archange Touadera, veulent empêcher la tenue des élections. La rébellion qui ne réussit pas son coup, refuse de déposer les armes et poursuivra sa tentative de déstabilisation de la Rca jusqu’au 13 janvier 2021.

Lourdement armés et déterminés, les insurgés, sous le regard impuissant de la mission de paix onusienne, prennent des villes et des provinces en otage jusqu’aux portes de Bangui.

«La Minusca était là. Ses règles d’engagements ne lui ont peut-être pas permis de les stopper, d’intervenir…je pense», s’étonne le chef de l’Etat centrafricain.

La Rca est sous embargo depuis des années. Les Forces armées centrafricaines (Faca) ne peuvent rien face à une rébellion lourdement armée. Une situation qui va pousser Touadera à demander «à certains pays avec qui nous avons des accords de défense, de nous aider. C’est ainsi que le Rwanda et la Fédération de Russie l’ont fait».

L’appui des instructeurs russes et des soldats rwandais va permettre de récupérer presque tout le territoire centrafricain. Un succès qui ne semble pas plaire aux Nations-Unies et à la France.

Coopérer pour la paix

«On recherche la paix. Il y avait la Sangaris qui était ici, elle est partie. Nous avons travaillé avec la Minusca pendant un certain temps. La paix recommençait à revenir après l’accord de Bangui, mais cette rébellion s’est développée et était en train de déstabiliser les institutions de la République. En tant que président de la République, que devais-je faire ? Laisser la Cpc prendre et déstabiliser le pays ? J’ai dû faire appel à tous les moyens possibles pour garantir la sécurité des citoyens Centrafricains et de ceux qui sont sur notre territoire», explique Faustin-Archange Touadera sur les antennes des deux médias français.

Plus loin, le chef de l’Etat insiste : «La République centrafricaine a besoin de paix, le peuple Centrafricain a besoin de paix».

A la question de savoir s’il échange les champs miniers contre les armes russes, le président Touadera rappelle que le secteur minier est libéralisé en Rca.

Concernant la présence du «groupe Wagner», sur qui la presse occidentale s’appuie pour critiquer l’action russe en Centrafrique et au Mali, Touadera dit n’avoir pas signé des accords militaires avec une société de mercenaires, mais avec les autorités russes. Au sujet de l’embargo sous les armes, Faustin-Archange Touadera le qualifie d’ « injuste ». Pour lui, comment un pays sous embargo «va combattre cette rébellion qui est mieux armée que l’Armée nationale ? Comment on peut respecter toutes ces conditions si la paix ne revient pas ? Pour qu’il y ait la paix, il faudrait que nous ayons une armée équipée pour combattre, pour protéger la population et les institutions de la République».

Didier Ndengue

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