Emmanuel Macron booste le panafricanisme
Emmanuel Macron, président de la République française
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Le Cameroun refuse de déroger à ses principes d’hospitalité. Il refuse également de renoncer à sa politique de non-alignement. Comme l’a si bien rappelé le chef de l’Etat, Paul Biya, il y a quelques années, notre pays n’est la «chasse gardée» d’aucune puissance.

La France qui croyait l’avoir pris en otage, devrait fredonner cette expression chaque fois qu’elle en a l’occasion. La preuve, en trois décennies, elle a perdu plus de 30% de l’économie nationale. Il ne lui reste plus que moins de 10%. A méditer.

Une chute libre qui donne le vertige à Emmanuel Macron. En séjour dans la capitale camerounaise les 25 et 26 juillet 2022, le locataire de l’Elysée a tenté de remobiliser ses ‘’troupes’’ pour reconquérir le Cameroun. «On a peut-être trop dormi. Il faut réinventer la coopération économique avec le Cameroun», a déclaré en substance le président devant quelques opérateurs économiques français et binationaux à la résidence de France.

Cette opération de charme cible plusieurs domaines d’activité dans lesquels Paris voudrait se réincarner au Cameroun. Entre autres le numérique, l’agriculture, etc. Face à la communauté française du Cameroun, le chef de l’Etat s’est voulu franc. Macron est conscient que la concurrence est rude et que les autres partenaires du Cameroun, parmi lesquels la Chine, la Russie, le Brésil,…n’enlèvent rien et n’imposent pas leurs ‘’valeurs’’ aux Camerounais comme principe universel de gouvernance.

Au cours des nombreuses étapes de sa visite à Yaoundé, Emmanuel Macron a fait mine de rien comprendre des aspirations profondes des Camerounais. Pour lui, c’est la vision occidentale qui passe avant nos valeurs. La démocratie à l’occidentale est la meilleure forme de gouvernance pour celui qui reconnait qu’il est «impossible» au Cameroun.

Zélé, agité, populiste, arrogant, et visiblement fier de l’être, le numéro un français, qui a reçu un bain de foule de l’Aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, en passant par la résidence de France, le Palais de l’unité et le village Club Noah, a refusé de faire profil bas, oubliant qu’il est dans un pays considéré comme le «foyer du panafricanisme» en Afrique.

Il s’est royalement permis de critiquer le choix de nos partenaires étrangers et les opinions des panélistes des chaînes de télévision panafricaine qui ne caressent pas Paris dans le sens du poil. Il s’est érigé en donneur de leçon, au lieu de négocier ses marchés. Emmanuel Macron s’est également lancé dans une campagne anti-russe en Afrique. Remettant ainsi en question l’intelligence des dirigeants africains engagés, depuis quelques années, dans une politique de diversification de partenaires.

Peine perdue. Si elle ne descend pas de son piédestal avant qu’il ne soit trop tard, la France partira de 10% à 2% dans les dix prochaines années au Cameroun. Même sa «société civile» et ses pions tapis dans le gouvernement de Yaoundé ne pourront plus remonter la pente.

Pour redorer le blason de la coopération entre la France et le Cameroun, il y a des préalables. Il faut par exemple ouvrir les archives, reconnaitre le génocide camerounais par la France, faire disparaitre le FCFA…Sans ces débuts de solution, certains pourraient qualifier la visite officielle de Macron au Cameroun, d’une simple ‘’balade officielle’’.

L’appui en milliards de l’AFD (Agence française de développement) et des autres institutions contrôlées par Paris ne suffira pas pour blanchir les crimes de la France au Cameroun. L’ancienne puissance coloniale s’effondre. Elle traîne sa douleur dans les couloirs des palais présidentiels africains. Les esprits sincères lui proposent des solutions définitives, même les gilets jaunes. Dos au mur, les dirigeants français croient qu’ils peuvent remonter la pente avec une société civile taillée sur mesure. Non ! Monsieur Macron, vous pouvez faire mieux.

Didier Ndengue         

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