Didier Yimkoua, militant écologiste
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En marge du sommet sur le climat qui se tient cette semaine à Washington, le militant écologiste analyse la politique environnementale du président de la République du Cameroun.  

Pouvez-vous nous rappeler les engagements pris par Paul Biya, président de la République du Cameroun, au sortir du sommet de Paris sur le climat ?

En 2015 à la veille de la COP21 à Paris, le président Paul Biya avait pris l’engagement de réduire les gaz à effet de serre (GES) de 32% d’ici 2035 à partir du plancher de 2012. Les approches complémentaires (réduction, adaptation) de la lutte contre les changements climatiques concernent les activités sources d’émission de GES, tels que : le transport, l’agriculture, la consommation des énergies fossiles, l’agriculture, les BTP et la déforestation. Pour quel enjeu ? Le président Paul Biya comme un excellent VIP qui sait flairer les opportunités de développement pour son pays, est au courant du mécanisme de péréquation qui régule cette lutte contre le réchauffement. Plus vous réduisez vos GES mieux vous avez la chance de capter les ressources financières au prorata de votre quota de réduction. Ces ressources financières devraient être affectées au financement des projets bas-carbone : reboisement, transport de masse, transition énergétique (développement et promotion des énergies renouvelables), gestion efficace des ordures ménagères….

Comment ces engagements sont-ils matérialisés?

Évidemment le Cameroun à travers son gouvernement s’est doté d’un instrument de décision et de planification qui est le CND (Contribution Nationale Désignée) logée au Minepded mais présidé par le Premier ministre. Le CND travaille avec le secteur public, privé (GICAM), la société civile… Il est chargé de coordonner les activités de réduction des GES, de mécanismes d’adaptation aux changements climatiques par secteur d’activité.

Vous dites que le dirigeant Camerounais a une vision pragmatique sur la gestion de l’environnement. De quelle vision s’agit-il ?

La vision pragmatique du dirigeant Camerounais est celle de faire des changements climatiques plus une opportunité de développement, qu’une fatalité. Sur le plan global, nos émissions de GES ne représentent rien par rapport à celles des chinois (25% d’émissions globales de GES)

Toutefois, l’activité principale source d’émission de GES au Cameroun, c’est l’agriculture qui est la base de notre économie. C’est pour cela que beaucoup d’efforts sont menés dans ce sens afin de développer une agriculture résiliente aux changements climatiques et capables de répondre aux besoins de la souveraineté alimentaire.

Que peut-on attendre du sommet qui se tient cette semaine à Washington sur les changements climatiques ?

Que les plus grands émetteurs respectent leurs engagements de financer les projets bas carbones dans les pays vulnérables aux changements climatiques. Des engagements pris depuis l’accord de Paris au temps de François Hollande, engagements renouvelés au sommet de Paris avec Emmanuel Macron. Les pays vulnérables, affectés par les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les fortes précipitations suivies des inondations, les vents, tempêtes, longues saisons sèches…ont accepté volontairement et dans le cadre de la responsabilité partagée, d’accompagner la communauté internationale à maintenir la température mondiale à 2°C au plus.…

Avec la crise sanitaire de la Covid-19, le temps presse. Il faut vite faire pour endiguer l’écroulement de l’économie mondiale. On verra si après le sommet de Washington les lobbies néolibérales vont réorienter la politique productiviste vers la décroissance (consommer utile et éviter le gaspillage des ressources naturelles). Qui pourrait entraîner les crises sociales et la chute de plusieurs régimes politiques. L’attente est forte.

Entretien mené par Didier Ndengue

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