La question se pose avec gravité et avec acuité. Après les scandales qui ont secoué notre pays, des changements en profondeur semblaient inévitables et inéluctables. Pourquoi tardent-ils à venir?
Cyrille Sam Mbaka : « le remaniement ministériel tant attendu par nos concitoyens devait consacrer le début d’une reprise en main »
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Lire la tribune du président de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP) de ce dimanche 17 avril 2022.  

Cher Cameroun : un pays irréformable?

La question se pose avec gravité et avec acuité. Après les scandales qui ont secoué notre pays, des changements en profondeur semblaient inévitables et inéluctables. Pourquoi tardent-ils à venir? Il y a pourtant urgence. Un remaniement ministériel après la CAN, la Coupe d’Afrique des Nations. Qui pouvait en douter? Les médias en ont fait leurs gros titres et des gorges chaudes. Une hypothèse commentée à satiété. Et puis rien. Les urgences sont pourtant à tous les étages. Mais rien ne bouge.

Le pays semble figé. Pétrifié. Tétanisé. Statufié. Faut-il y voir la traduction de la guerre de succession au sommet de l’Etat? La marque des rivalités entre les clans? Un bras de fer sournois qui aiguise les appétits? Sans doute. Ce sera la dernière réforme. La der des ders. Un accouchement dans la douleur. Et au forceps.

Sans péridurale. 

Le remaniement ministériel tant attendu par nos concitoyens devait consacrer le début d’une reprise en main. D’un réarmement moral. Enfin. Peut-être. L’amorce d’un redressement après des années de gabegie, de concussions et de détournements sans pareil.

Le Cameroun est au bord du gouffre et rien ne bouge. Pire, nous détournons les yeux quand la maison commune brûle. Pourquoi cette cécité? Pourquoi cet immobilisme? Pourquoi cette inanité? Sommes-nous à ce point anesthésiés? Les élus et les recalés.

Ce qui se joue au sommet de l’Etat est un jeu de pouvoirs et d’influence. Combien de copies du remaniement ont été écrites? Combien ont été déchirées et mises à la poubelle?

Qui dirige le Cameroun? 

Combien de brouillons faudra-t-il encore avant que ne sorte la fumée blanche d’Etoundi, l’équivalent de La Chapelle Sixtine? La guerre de succession au sommet de l’Etat ne fera pas de cadeaux. Ce ne sont pas des enfants de chœur. Ce sont des carnassiers. Chacun joue sa partition, son agenda et creuse son sillon ou sa tranchée. En profondeur.

Ils sont prêts à toutes les vilénies. A tous les renoncements pour rester à la table. Les places coûtent cher. Elles sont férocement défendues. C’est en filigrane ce qu’il faut comprendre de cet accouchement dans les tiraillements et les déchirements.

Qui dirige le Cameroun?

Nous sommes pris à la gorge par une dette abyssale. Les Camerounais risquent de se réveiller avec la gueule de bois. Le pire n’est pas inenvisageable. Ne faut-il pas déjà craindre que criblé de dettes, des pans entiers de notre pays aient été mis en gage sinon bradés..en catimini? Pas de procès d’intention.

Le Cameroun n’est pas à vendre me direz-vous. Mais à quelle extrémité peut-on arriver quand on n’a plus rien à perdre? Après nous, la terre brûlée. La politique du vide. Pour ne rien regretter et pour n’avoir à répondre de rien. On rase tout. La tentation du pire. Et après? Les Lions Indomptables nous accordent un sursis. Jusqu’à quand l’illusion d’optique? Plus dure sera la chute et le réveil douloureux.

Cameroun, mon Cher pays.

Cyrille Sam Mbaka  

Président de l’AFP

L’Alliance des Forces Progressistes

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