Daniel Moundzego, Président fondateur de l’Association des réfugiés sans frontières (Arsf)
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Le président fondateur de l’Association des réfugiés sans frontières est sous le choc depuis l’assassinat d’une dizaine d’élèves dans le Sud-ouest samedi dernier. Il exprime son indignation dans cette tribune libre.   

Devant le crime odieux, le drame de Kumba, l’innocence des enfants arrachés à la vie par la barbarie, comment se taire sous le label de la neutralité que m’oblige le statut de réfugiés? Non! Ce qui s’est passé à Kumba au Cameroun, terre de mon asile depuis vingt(20) ans me pousse à briser le silence que m’impose mon statut.

Il y a quatre(4) ans de terreur, de violence, de crime odieux, de barbarie indescriptible, quelle gâchis! Non c’est assez! C’est assez ! Monsieur le Président de la République.

Il n’y a pas de solutions sans l’existence d’un problème réel identifié par tous, par la conscience collective, reconnu et posé sur la table. Il y a trop de confusion. Entre terrorisme, rébellion, séparatisme, l’Armée combat quoi et qui au Noso? En tant qu’observateur neutre, il y a lieu de s’interroger. Qu’est ce qui se passe? Que veulent les acteurs? Que signifie séparatiste? Quelle est la compréhension de ce mot, de ce concept par les acteurs et la conscience collective? Est-ce que les solutions actuelles, telles que envisagées sont une réponse au séparatisme?

Est-ce que le séparatisme est consommé? Si oui, est ce que le statut particulier teinté de la décentralisation peut mettre fin à la volonté et l’engagement farouche des séparatistes à croiser le fer avec le pouvoir en place? Yaoundé on a dialogué sur quoi? Et avec qui? Pourquoi les horreurs, les massacres continuent au Noso?

Maintenant la peur et les craintes gagnent les villes de Douala et Yaoundé. Nous sommes très inquiets. Les puissances étrangères qui hébergent ceux qui  soutiennent les séparatistes le font au nom de quoi et de qui?

Que pense la majorité silencieuse des peuples du Noso?

Il y a quatre (4) ans, que le sang  coule et continue de couler au Noso. Il y a quatre (4) ans  que le Noso est pratiquement séparé des autres régions du pays et tout semble être immobile. Si le vrai problème n’est pas mis sur la table, le changement de régime ou de Président ne pourra pas changer la situation au Noso. Frères et sœurs Camerounais arrêtez-vous un peu, regardez-vous en face.  L’hypocrisie en politique est cruelle et ravageur.

Aujourd’hui, avec ce drame, les seules condamnations ne suffisent plus. Prenez le courage d’appeler chat par chat. Mettez le lion au centre et à la lumière de tous et affrontez le lion ensemble.

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Avec mes yeux d’aveugle, je sens que le lion qui vous déchire c’est le séparatisme.

Au Cameroun, j’ai appris depuis 20 ans à connaître le pays et son peuple. J’ai parcouru tout le pays, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Quel beau pays, gâté par Dieu avec d’immenses richesses et un peuple qui ne demande qu’à vivre et jouir de ces immenses richesses.

J’ai confirmé aussi qu’il y a plus de 250 ethnies. Mais partout où je suis passé, je n’ai pas vu une ethnie ou une tribu appelée francophone ou anglophone. D’ailleurs à chaque fois que je suis de passage  à Bamenda, quand mes frères là-bas comprennent que je comprends l’anglais et le pidjin, ils passent en basse fréquence dans une langue qui n’est ni l’anglais ni le pidjin pour m’empêcher de comprendre le sujet de leur conversation. C’est pareil, lorsque je suis de passage à Ebolowa, quand mes frères de là-bas comprennent que je comprends le français et l’anglais, ils passent en basse fréquence dans une langue qui n’est ni le français, ni l’anglais.

Qui a donc créé le problème de l’anglophone et du francophone? Au point où ça préoccupe le politique au plus haut niveau?

Vous avez la réponse.

A mon entendement c’est de là que viennent tous les sous berceaux. C’est l’arbre qui cache la forêt. Il me semble que toute tentative de solution effleurée sans s’attaquer au vrai problème avec de vrais acteurs qui peuvent tout à fait être tapis dans l’ombre du pouvoir actuel ou à venir ne fera que faire durer la souffrance et la perte des vies des innocents dans cette partie du pays. 

Daniel Moundzego, Président fondateur de l’Association des réfugiés sans frontières (Arsf)

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