Débarrassons également nos supermarchés de ces gammes éclaircissantes dont on ignore les origines (savons, lotions, pommades, crèmes, lait…). C’est ici que les brigades du ministère du Commerce, les associations de défense des consommateurs, l’Anor et les laboratoires du Cameroun doivent prouver leur professionnalisme et patriotisme. Si tous les organismes concernés par le scandale en cours avaient efficacement joué leur rôle de protecteur du consommateur camerounais, sans soupçons de corruption, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Nourane n’aurait pas pu échapper à leur rigueur et le reportage sur ses produits sur un média étranger n’aurait pas choqué autant les hautes autorités de la République. Qui faut-il s’en étonner. Devrait-on attendre France 24 pour se rendre compte de la ruée de produits cosmétiques, alimentaires et pharmaceutiques dangereux pour les Camerounais ? Nous en parlons pourtant tout le temps dans les médias locaux, sans que cela ne suscite autant d’indignation. Comme quoi, c’est toujours l’Occident qui doit donner le ton. Aujourd’hui, Nourane est utilisée comme victime expiatoire, sous le regard amusé des grosses firmes, de gros poissons intouchables.
Nourane Foster, promotrice des entreprises Nourishka
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Ce mercredi 10 août 2022, le ministre de la Santé publique du Cameroun, Dr Manaouda Malachie a retiré du marché certains compléments alimentaires. Il s’agit des produits éclaircissants de l’entreprise Nourishka de la députée du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), Nourane Fotsing. La décision du ministre est suscitée par un reportage sur ces produits éclaircissants buvables diffusé sur la chaîne de télévision France 24.

Le sujet défraie la chronique au Cameroun. La mesure conservatoire du membre du Gouvernement est saluée par bon nombre de Camerounais, dans la mesure où elle préserve les utilisateurs de ces produits des effets secondaires qui peuvent en découler.

Mais pour d’autres, le patron de la santé publique a eu la main trop lourde contre cette femme d’affaires qui emploie de nombreux Camerounais.

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, Delor Magellan Kamseu Kamgaing, président de la Ligue camerounaise des consommateurs « regrette la décision hâtive et émotive de l’honorable Nourane Fotsing, de fermer la porte de son entreprise, pourtant d’autres produits commercialisés, conformément à la réglementation en vigueur ne sont pas concernées par l’Acte du ministre de la santé publique.» Le défenseur des droits des consommateurs camerounais, par ailleurs membre de l’Agence des normes et de la qualité (Anor) encourage la promotrice de Nourishka à se conformer à la réglementation en vigueur.

En attendant d’y voir plus clair, il faut reconnaître que l’acharnement contre Nourishka suscite plusieurs interrogations. Loin de moi l’idée d’encourager la dépigmentation. C’est horrible. Nauséabond. Dégoutant. Ceux qui me côtoient au quotidien savent que mon africanité ne souffre de rien. Mon amour pour le teint noir, que j’appelle affectueusement «l’or noir» est l’une de mes plus grandes fiertés. Il faut donc rester lucide. J’en appelle aux autorités et aux populations camerounaises : condamnons la dénaturation de nos richesses corporelles sous toutes ses formes. Commençons par condamner tout ce qui est faux sur les femmes camerounaises : cheveux brésiliens, indiens, ongles artificiels, cils, tatouages, rouge à lèvre, lentilles….

Débarrassons également nos supermarchés de ces gammes éclaircissantes dont on ignore les origines (savons, lotions, pommades, crèmes, lait…).

C’est ici que les brigades du ministère du Commerce, les associations de défense des consommateurs, l’Anor et les laboratoires du Cameroun doivent prouver leur professionnalisme et patriotisme. Si tous les organismes concernés par le scandale en cours avaient efficacement joué leur rôle de protecteur du consommateur camerounais, sans soupçons de corruption, nous n’en serions pas là aujourd’hui.

Nourane n’aurait pas pu échapper à leur rigueur et le reportage sur ses produits sur un média étranger n’aurait pas choqué autant les hautes autorités de la République. Qui faut-il s’en étonner. Devrait-on attendre France 24 pour se rendre compte de la ruée de produits cosmétiques, alimentaires et pharmaceutiques dangereux pour les Camerounais ? Nous en parlons pourtant tout le temps dans les médias locaux, sans que cela ne suscite autant d’indignation. Comme quoi, c’est toujours l’Occident qui doit donner le ton. Aujourd’hui, Nourane est utilisée comme victime expiatoire, sous le regard amusé des grosses firmes, de gros poissons intouchables.

Si seulement chacun faisait son travail, rien que son travail pour l’amour de notre Cameroun, sans rien attendre en retour…

Didier Ndengue

 

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